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Moyen Orient et Monde

L’ONU évoque de possibles crimes contre l’humanité dans la Ghouta

Syrie

La région rebelle près de Damas en attente d’aides; pressions occidentales accrues contre le régime.

OLJ
03/03/2018

Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad el-Hussein, a dénoncé hier de possibles « crimes de guerre » et des crimes « contre l’humanité » dans l’enclave syrienne de la Ghouta orientale, dont les auteurs seront poursuivis. « Ce que nous voyons dans la Ghouta orientale et ailleurs en Syrie ressemble à des crimes de guerre, et potentiellement à des crimes contre l’humanité. Les civils sont condamnés à la soumission ou la mort », a-t-il déclaré devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, à Genève.
 « La Syrie doit être traduite devant la Cour pénale internationale (CPI). Les tentatives d’entrave à la justice, les efforts pour protéger les criminels sont scandaleux », a ajouté le prince Zeid, en précisant que les auteurs de crimes en Syrie doivent savoir qu’ils seront identifiés et que des dossiers seront constitués en vue de leur procès.
Pour l’ambassadeur de Syrie au Conseil, les propos du haut-commissaire sont « discriminants et biaisés », et il estime que le débat est « politisé ». L’armée syrienne a tout fait pour protéger les civils et a ouvert « un corridor humanitaire pour les séparer des terroristes », a dit Houssam Aala.

Vote reporté
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a reporté son vote sur une résolution proposée par la Grande-Bretagne sur la situation humanitaire dans la Ghouta orientale, en raison d’un trop grand nombre d’amendements. Un « débat urgent » avait débuté à 15h au Palais des Nations, siège des Nations unies à Genève, qui devait s’achever par un vote à 18h. Mais plusieurs dizaines de représentants des 47 pays actuellement membres du Conseil, d’observateurs et d’ONG ont souhaité s’exprimer, et le président de la séance, le Slovène Vijoslav Suc, a été contraint de reporter le vote à lundi.
Le projet de résolution britannique réclame l’application de la résolution votée samedi par le Conseil de sécurité de l’ONU qui prévoit un cessez-le-feu de 30 jours autour de l’enclave rebelle de la Ghouta orientale, proche de Damas. Le document demande également au Conseil des droits de l’homme que la commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie « ouvre urgemment une enquête complète et indépendante sur les événements récents » dans cette région. Il accuse le régime de Damas d’avoir utilisé des produits chimiques contre les civils pris au piège dans cette enclave rebelle.
La Russie, qui n’a pas actuellement de siège au Conseil des droits de l’homme, mais un statut d’observateur, est venue au secours de son allié syrien et a demandé que la résolution soit amendée, tout comme le représentant de Damas. La Russie s’est toujours opposée jusqu’ici à ce que la CPI soit saisie du dossier syrien. Parallèlement, l’Occident a accentué hier la pression sur le régime pour alléger la grave crise humanitaire dans la Ghouta. La France, l’Allemagne et les États-Unis ont dénoncé les bombardements ainsi que des attaques chimiques présumées, imputées au régime. Ce dernier devra « rendre des comptes » pour la « détérioration » de la situation humanitaire dans la Ghouta, ont mis en garde Berlin et Washington. « Le régime syrien devra rendre des comptes pour la détérioration continue de la situation humanitaire dans la Ghouta orientale », ont mis en garde la chancelière allemande Angela Merkel et le président américain Donald Trump. « Cela vaut aussi bien pour l’usage d’armes chimiques par le régime Assad que pour les attaques sur les civils et le blocus de l’aide humanitaire », ont-ils précisé lors d’un entretien téléphonique. Car, même si une trêve humanitaire quotidienne de cinq heures, annoncée par la Russie, est plus ou moins observée depuis mardi, les bombardements se poursuivent malgré une baisse en intensité.

40 camions en attente
Hier, frappes aériennes et tirs d’artillerie avant et après la trêve ont tué onze civils dans plusieurs localités de la Ghouta, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Quant aux aides attendues par les habitants de l’enclave, elles n’ont pas été distribuées. Les quelque 400 000 habitants de cette enclave rebelle aux portes de Damas subissent, au quotidien, pénuries de nourriture et de médicaments, en raison du siège asphyxiant imposé depuis 2013 par le pouvoir de Bachar el-Assad. Et pour échapper à une nouvelle campagne aérienne du régime lancée le 18 février et ayant tué plus de 600 civils, ils vivent désormais dans les sous-sols. Un « enfer sur terre » dans ce pays dévasté par la guerre depuis 2011, avait asséné le secrétaire général de l’ONU. Pourtant, plus de 40 camions chargés d’aide sont prêts à entrer dans le fief rebelle. Mais, selon l’ONU, la fenêtre de cinq heures n’est pas « suffisante » pour permettre leur livraison.
La pause initiée par Moscou a suivi le vote au Conseil de sécurité de l’ONU samedi dernier d’une résolution appelant à un cessez-le-feu global de trente jours dans toute la Syrie. Un appel resté lettre morte.
Depuis le 18 février, raids aériens, barils d’explosifs et tirs d’artillerie du régime ont tué 628 civils, dont 151 enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Source : AFP

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