Le chef d’état-major saoudien, le général Abdel Rahmane ben Saleh al-Bunyan, a été limogé par le roi Salmane sur recommandation du prince héritier Mohammad ben Salmane. Mohammad el-Shahed/AFP
Le roi Salmane d’Arabie saoudite a procédé à un profond remaniement de la hiérarchie militaire, limogeant notamment le chef d’état-major, le général Abdel Rahmane ben Saleh al-Bunyan, remplacé par le général Fayyad al-Ruwaili. Dans une série de décrets, publiés tard dans la nuit de lundi, le souverain saoudien a ainsi approuvé un « plan de développement du ministère de la Défense, conformément à une stratégie de défense nationale », initiée par son fils et prince héritier Mohammad ben Salmane, alias MBS, selon les médias saoudiens. Toutes ces décisions ont été prises « sur recommandation » du prince héritier, qui est également ministre de la Défense, ont souligné les médias.
Aucune explication officielle n’a été donnée à ce remaniement dans l’armée. Toutefois, le développement d’une industrie de défense nationale fait partie de la stratégie du prince héritier, dont le pays est l’un des plus gros clients des fournisseurs d’armes occidentaux.
Le roi Salmane a également procédé à une série de nominations de civils, dont une femme, faisant accéder de jeunes dirigeants à des postes-clés comme ceux de vice-ministre, gouverneurs adjoints de province et de conseillers à la cour royale. Environ 70 % de la population saoudienne ont moins de 30 ans, et Mohammad ben Salmane s’efforce de promouvoir des personnalités de sa génération. Ainsi, Tamadar ben Yousef al-Ramah a été nommée vice-ministre du Travail et du Développement social, un poste de haut rang. Parmi les promus figure aussi, le prince Turki ben Talal, frère du prince milliardaire al-Walid ben Talal et qui a été nommé vice-gouverneur de la province d’Assir.
Mohammad ben Salmane consolide son emprise sur le pouvoir depuis qu’il est devenu prince héritier en juin dernier. Il fait avancer dans le même temps d’importantes réformes économiques et sociales, qui semblent profiter notamment aux femmes et aux jeunes. Le prince poursuit une politique régionale affirmée, y compris la conduite, depuis mars 2015, de l’intervention militaire au Yémen voisin, considérée comme une guerre par procuration avec l’Iran, l’ennemi juré de Riyad.
Source : AFP

