Après avoir reçu, hier matin, un communiqué des services du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, les dirigeants des Églises catholique, grecque-orthodoxe et arménienne ont décidé, hier soir, de rouvrir l’église du Saint-Sépulcre fermée dimanche. Thomas Coex/AFP
Les chefs des Églises grecque-orthodoxe, arménienne et catholique, qui partagent la garde du site, ont décidé hier soir de rouvrir aujourd’hui l’église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem, après que le gouvernement israélien eut annoncé, hier matin, la suspension des actions fiscales et législatives ayant conduit les Églises à la décision exceptionnelle de fermer le lieu le plus saint du christianisme.
Les Églises avaient fait fermer dimanche l’église construite sur les lieux présumés de la crucifixion et du tombeau du Christ. Depuis lors, des milliers de visiteurs du monde entier ont trouvé portes fermées devant cette destination spirituelle et touristique majeure, improvisant des prières sur le parvis et exprimant leur dépit. La mesure n’avait que de rarissimes précédents au cours du quart de siècle écoulé et était à la mesure de la crispation qu’entendaient exprimer les chefs des Églises.
Ces derniers dénoncent la décision récente de la municipalité israélienne de Jérusalem de leur faire payer des impôts sur une partie de leurs biens immobiliers. Les taxes ne porteraient pas sur les lieux de culte comme le Saint-Sépulcre, mais les biens qui génèrent des revenus, des loyers par exemple, dit la municipalité. Les arriérés sont chiffrés par la mairie à quelque 150 millions d’euros. Autant d’argent qui ne financerait plus leurs importantes œuvres sociales, disent les Églises. Elles s’insurgent aussi contre une proposition de loi qui permettrait à l’État israélien d’exproprier des terres vendues par l’Église orthodoxe à des investisseurs privés, un texte dans lequel les Églises voient une atteinte à leurs droits de vente et donc de propriété.
Silence religieux
Hier donc, le gouvernement israélien a annoncé, dans un communiqué, la suspension de la collecte des taxes ainsi que de l’examen de la proposition de loi. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et le maire de Jérusalem, Nir Barkat, se sont entendus sur la création d’un groupe de travail « qui négociera avec les Églises une solution » sur les impôts, ont dit les services de M. Netanyahu. À la demande des Églises, M. Netanyahu a aussi chargé un de ses ministres de se pencher sur la question des ventes de terrains, ont-ils dit. Pendant ce temps, « toute activité législative sur ce sujet est suspendue », ont-ils ajouté.
Présence chrétienne à Jérusalem
La proposition de loi vise, selon ses promoteurs, à rassurer les habitants de Jérusalem qui craignent de voir les investisseurs auxquels l’Église aurait vendu des terres les expulser pour des programmes plus rentables. Aucune réaction n’a été obtenue dans un premier temps de la part des Églises.
Au-delà des impôts et du texte parlementaire, les Églises s’alarment d’agissements visant, selon elles, à amoindrir la présence chrétienne à Jérusalem. Dans une ville comme Jérusalem, proclamée par les Israéliens leur capitale indivisible, mais revendiquée par les Palestiniens pour capitale de l’État auquel ils aspirent, le soupçon d’hégémonisme au détriment des minorités n’est jamais loin. Les quelque 50 000 chrétiens de Cisjordanie et de Jérusalem partagent largement avec les musulmans palestiniens une vision nationale de Jérusalem. Le Saint-Sépulcre se trouve dans la vieille ville à Jérusalem-Est, annexée par Israël. L’annexion est considérée comme illégale par la communauté internationale.
Source : AFP


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