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Sport - Xxiiies Jeux Olympiques D’Hiver

Des Jeux de la paix, vraiment ?

Kim Yo-jong, sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, est attendue demain en Corée du Sud, accompagnée d’une délégation nord-coréenne de haut rang, pour une visite de trois jours, point d’orgue diplomatique du rapprochement entre Séoul et Pyongyang.

Elles sont arrivées... Plus de 200 pom-pom girls nord-coréennes, vêtues de manteaux rouge vif et de toques en fourrure noire, ont débarqué en Corée du Sud, hier, pour encourager les sportifs des deux États rivaux aux Jeux olympiques d’hiver. Ed Jones/AFP

Des Nord-Coréens accueillis en Corée du Sud, des Russes présents alors que leur pays est banni pour dopage : les XXIIIes Jeux olympiques d’hiver, qui s’ouvrent demain à Pyeongchang, vont slalomer jusqu’au 25 février entre symboles diplomatiques et médailles d’or.
Et dire qu’il y a cinq semaines, la Corée du Nord et les États-Unis se menaçaient du feu nucléaire. Les dernières semaines de tractations ont finalement abouti à ce que le pays organisateur souhaitait : des Jeux de la paix ; que les opposants au rapprochement ont aussitôt rebaptisés les « Jeux de Pyongyang », en référence à la capitale de la Corée du Nord. C’est l’avenir qui dira si la trêve olympique avait des fondations solides.
En attendant, la sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un sera la première représentante de la famille régnante à se rendre au Sud à l’occasion des JO, nouveau signe du rapprochement en cours entre les deux Corées. Kim Yo-jong, une dirigeante du parti unique, fera partie d’une délégation de haut rang attendue demain en Corée du Sud, a annoncé hier le ministère sud-coréen de l’Unification. « Il est hautement significatif qu’un membre de la famille Kim se rende au Sud pour la première fois de l’histoire », a déclaré Yang Moo-jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes. Selon toute vraisemblance, Kim Yo-jong devrait rencontrer le président sud-coréen Moon Jae-in et lui remettre une lettre personnelle de son frère, exprimant l’espoir que les Jeux soient réussis et que les relations bilatérales s’améliorent, a-t-il poursuivi. « Cela va marquer les débuts de Kim Yo-jong sur la scène internationale », a également souligné Yang Moo-jin.
La visite de trois jours de la délégation nord-coréenne va ainsi constituer le point d’orgue diplomatique du rapprochement entre Sud et Nord, mais celui-ci pourrait ne pas durer, préviennent des experts. La délégation sera officiellement dirigée par Kim Yong-nam, le président du présidium de l’Assemblée populaire suprême – le Parlement contrôlé par le parti unique. Il occupe à ce titre les fonctions honorifiques de chef de l’État. D’un point de vue protocolaire, c’est le plus haut responsable nord-coréen à se rendre au sud de la DMZ (la zone démilitarisée qui divise la péninsule coréenne). La délégation comptera aussi dans ses rangs Ri Son-gwon, le chef du Comité pour la réunification pacifique du pays, l’équivalent du ministère sud-coréen de l’Unification.
Le vice-président américain Mike Pence, qui sera également présent à Pyeongchang, n’a pas exclu de rencontrer des Nord-Coréens. Ce qui ne l’a pas empêché d’avertir que Washington ne permettrait pas que le Nord prenne les Jeux « en otages » et que les États-Unis s’apprêtaient à dévoiler les sanctions économiques « les plus dures » jamais prises contre Pyongyang. Cette présence de M. Pence est peut-être ce qui explique la décision de M. Kim d’envoyer sa sœur au Sud, juge Koh Yu-hwan, professeur à l’université Dongguk. « Sa visite va provoquer un cirque médiatique, volant la vedette à M. Pence, qui veut mettre l’accent sur les abus des droits de l’homme en Corée du Nord et ses programmes nucléaires. »

Les pom-pom girls de Pyongyang ont débarqué
Entre-temps, plus de 200 pom-pom girls nord-coréennes, vêtues de manteaux rouge vif et de toques en fourrure noire, ont débarqué hier en Corée du Sud, pour encourager les sportifs des deux États rivaux. Les 229 jeunes femmes, membres d’une délégation nord-coréenne forte de 280 personnes, ont franchi la DMZ au poste-frontière de Dorasan, au nord de Séoul. L’escouade de pom-pom girls arborait la même tenue que les artistes arrivées la veille. Les jeunes femmes affichaient de larges sourires en passant par les contrôles d’immigration, échangeant des commentaires avec une horde de journalistes sud-coréens. « Je suis heureuse de vous voir », lançait l’une. Comme on l’interrogeait sur les chorégraphies de la troupe, elle a répondu en plaisantant : « Attendez un peu. Si je vous le dis maintenant, ça vous gâcherait le plaisir ! » Ensuite, l’escouade est montée à bord d’autocars sud-coréens pour prendre la direction de Gangneung, où se tiennent les épreuves de hockey sur glace.
D’après les médias sud-coréens, les pom-pom girls ont été triées sur le volet, sur des critères d’appartenance familiale, d’aspect physique, de compétences et de fidélité au Parti des travailleurs, le parti unique au pouvoir en Corée du Nord. Pyongyang a dépêché par trois fois des escadres de pom-pom girls en Corée du Sud : en 2002 pour les Jeux asiatiques de Busan, en 2003 pour l’Universiade d’été de Daegu et en 2005 pour les championnats d’athlétisme asiatiques d’Incheon. Parmi elles, en 2005, figurait Ri Sol-ju, qui allait devenir l’épouse du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.
Quatre-vingt-douze nations ou comités olympiques représentés, 2 900 sportifs en compétition, 102 titres en jeu et... 22 curiosités : les chiffres ne manquent pas pour illustrer le premier grand rendez-vous sportif de l’année 2018, avant la Coupe du monde de football cet été en Russie. Vingt-deux, c’est le nombre de représentants de la Corée du Nord dont l’attitude sera scrutée, décortiquée et analysée par le monde entier durant la quinzaine olympique. Vingt-deux sportifs, émissaires de leur pays, le plus fermé au monde, qui se joindront aux 121 sportifs du Sud pour un défilé commun demain soir, drapeau de l’unification coréenne au vent – la silhouette bleu pâle de la péninsule sur fond blanc – comme clou du spectacle du défilé des athlètes et de la cérémonie d’ouverture.
Auparavant, les athlètes olympiques de Russie (OAR), dont le pays est banni pour dopage, auront fait leur entrée dans l’arène. Mais qui seront-ils vraiment ? Nul ne le savait encore avec précision à deux jours du rendez-vous, tant les recours juridiques se multiplient en urgence. Une chose est sûre pour le moment : 168 Russes considérés comme « propres » sont invités et défileront sous la bannière olympique.

Des affiches somptueuses
Et le sport dans tout ça ? Il devra jouer des coudes, mais devrait rapidement occuper l’espace, à partir du premier titre olympique décerné, celui du skiathlon dames en ski de fond, samedi en fin d’après-midi en Corée du Sud. Le ski alpin, discipline reine des JO, offrira dès dimanche son grand rendez-vous, avec la descente messieurs. Aksel Lund Svindal, Ted Ligety, Beat Feuz, Thomas Dressen, Kjetil Jansrud et Dominik Paris : quelques grands noms du circuit seront déjà lancés. Marcel Hirscher, roi des épreuves techniques, débutera, lui, le 13 février, pour le combiné. Chez les dames, l’affiche est somptueuse, avec le fantastique duel que se livreront les Américaines Lindsey Vonn (33 ans, 81 victoires en Coupe du monde, record chez les femmes) et Michaela Schiffrin (22 ans, 41 victoires déjà). Schiffrin était devenue à Sotchi la plus jeune championne olympique de slalom de l’histoire, à 18 ans et 345 jours.
Autre prodige à suivre, l’Américaine Chloe Kim, privée des JO de Sotchi car elle n’avait que 13 ans alors que les JO ne sont ouverts qu’aux plus de 15 ans. L’épreuve de snowboard halfpipe lui tend les bras. De la jeunesse, encore, en patinage artistique, avec les deux athlètes olympiques de Russie Alina Zagitova, âgée de 15 ans, qui vient de dominer Evgenia Medvedeva, âgée de 18 ans, aux récents championnats d’Europe. La France misera sur le biathlon et le n° 1 mondial Martin Fourcade, porte-drapeau de son pays.
Une nouvelle fois, ces Jeux feront aussi la part belle aux petites histoires : bobsleigh nigérian, patinage artistique malaisien... Certains auront même le privilège de bisser, comme le Tongien Pita Taufatofua, héros de la cérémonie d’ouverture des Jeux d’été à Rio en 2016, où son corps musclé et huilé avait fait le bonheur des photographes, et qui cette fois s’est qualifié en ski de fond. En raison des températures glaciales qui touchent Pyeongchang et qui pourraient faire de ces Jeux les plus froids de l’histoire, il sortira couvert demain pour la cérémonie d’ouverture. « Je veux rester en vie pour participer », a-t-il expliqué. C’est effectivement l’objectif minimum, pour des Jeux de la paix.

Source : AFP

Des Nord-Coréens accueillis en Corée du Sud, des Russes présents alors que leur pays est banni pour dopage : les XXIIIes Jeux olympiques d’hiver, qui s’ouvrent demain à Pyeongchang, vont slalomer jusqu’au 25 février entre symboles diplomatiques et médailles d’or.Et dire qu’il y a cinq semaines, la Corée du Nord et les États-Unis se menaçaient du feu nucléaire. Les dernières semaines de tractations ont finalement abouti à ce que le pays organisateur souhaitait : des Jeux de la paix ; que les opposants au rapprochement ont aussitôt rebaptisés les « Jeux de Pyongyang », en référence à la capitale de la Corée du Nord. C’est l’avenir qui dira si la trêve olympique avait des fondations solides.En attendant, la sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un sera la première représentante de...
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