« Je suis prête à accepter des compromis douloureux si nous pouvons garantir que les avantages, au final, seront supérieurs aux inconvénients », a déclaré hier la chancelière allemande Angela Merkel, à propos de la formation de son gouvernement, soulignant qu’il en allait de « l’intérêt supérieur du pays ». Adam Berry/AFP
La chancelière conservatrice allemande, Angela Merkel, s’est dit hier prête à des « compromis douloureux » pour arracher un accord de coalition gouvernementale avec les sociaux-démocrates, au dernier jour de négociations censées sortir la première économie européenne de l’impasse politique. Des désaccords subsistent et « chacun d’entre nous va devoir accepter des compromis douloureux », a ainsi déclaré Mme Merkel à son arrivée à Berlin. « J’y suis prête si nous pouvons garantir que les avantages, au final, seront supérieurs aux inconvénients », a-t-elle ajouté, soulignant qu’il en allait de « l’intérêt supérieur du pays ».
Cette fois, plus d’atermoiements possibles. Après des semaines de valse-hésitation et de multiples reports ces derniers jours, les chrétiens-démocrates d’Angela Merkel (CDU/CSU) et les sociaux-démocrates du SPD devaient trancher hier : ils s’étaient fixé la fin de journée comme date limite. Toutefois, les discussions tardaient dans la nuit. « Je pense que c’est aujourd’hui que va se décider » si les deux camps « peuvent s’entendre », a déclaré le président du SPD, Martin Schulz, avant la réunion. Un proche de Mme Merkel n’a cependant pas exclu un échec, qui plongerait le pays dans une crise politique aussi grave qu’inédite dans l’histoire d’après-guerre. « Il n’est pas certain que nous y arrivions », a ainsi déclaré Volker Bouffier. « Je n’exclus rien », a-t-il ajouté.
L’imbroglio postélectoral dure depuis plus de quatre mois et a déjà affaibli la stature d’Angela Merkel, sur le plan intérieur comme extérieur. Les élections législatives de septembre, marquées par un repli des partis traditionnels et une percée de l’extrême droite, n’ont pas permis de dégager une majorité claire à la Chambre des députés. Après un premier échec pour former une coalition hétéroclite avec les libéraux et les écologistes, en novembre, Mme Merkel est réduite à expédier les affaires courantes depuis octobre. Elle doit à présent s’entendre donc avec les sociaux-démocrates, pour espérer un quatrième mandat durable.
Source : AFP

