Saad Hariri a appelé à un retour « rapide et sécurisé » des réfugiés syriens au Liban. Mohammad Azakir/Reuters
Le Premier ministre, Saad Hariri, a lancé hier la mise à jour pour 2018 du « Plan de réponse à la crise » provoquée par la présence au Liban de centaines de milliers de réfugiés syriens.
La cérémonie a eu lieu au Sérail en présence du coordinateur de l’ONU pour les Affaires humanitaires, Philippe Lazzarini, du ministre des Affaires sociales, Pierre Bou Assi, et de plusieurs officiels.
Dans le cadre de cette mise à jour, le gouvernement et ses partenaires nationaux et internationaux réclament 2,68 milliards de dollars qui devraient couvrir l’aide humanitaire essentielle aux réfugiés et aux communautés hôtes, ainsi que l’investissement dans l’infrastructure publique, les services et l’économie locale. « En 2017, le Plan de réponse à la crise au Liban a reçu plus d’un milliard de dollars, ce qui fait du Liban la deuxième meilleure réponse financière au monde. Cette impressionnante mobilisation internationale nous a permis de mettre en œuvre une réponse multidimensionnelle pour les réfugiés et les communautés hôtes », a expliqué M. Lazzarini dans son discours. « La situation s’érode progressivement et les besoins humanitaires et de développement augmentent : 76 % des ménages de réfugiés syriens vivent en- dessous du seuil de pauvreté et plus de 50 % des ménages syriens vivent dans l’extrême pauvreté. Et nous ne devons pas oublier que 1,5 million de Libanais vivent sous le seuil de pauvreté », a-t-il ajouté.
À son tour, M. Hariri a appelé à un retour « rapide et sécurisé » des réfugiés syriens au Liban. « Le drame du peuple syrien se poursuit pour la septième année consécutive et le Liban continue de faire preuve de générosité en accueillant les déplacés syriens et en se solidarisant avec eux, alors que l’infrastructure et les capacités des pays d’accueil sont saignées à blanc », a affirmé M. Hariri.
« Nous sommes en faveur d’un retour rapide et sécurisé des déplacés syriens, mais nous ne forcerons pas, sous une quelconque condition, les déplacés syriens à rentrer chez eux. Cette question sera uniquement traitée en coordination avec les Nations unies et ses agences spécialisées », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a coupé court ainsi aux appels à coopérer avec le régime du président syrien, Bachar el-Assad, une question qui divise comme on le sait les responsables libanais entre pro et anti-régime.
« J’appelle nos amis de la communauté internationale à aider le Liban dans sa grande mission qui consiste à accueillir un million et demi de réfugiés syriens, et je répète que nous ne serons pas les seuls à subir les conséquences d’un échec à ce niveau. Si l’on échoue à aider le Liban à accueillir les déplacés syriens, ceux-ci chercheront d’autres pays pour se réfugier », a prévenu M. Hariri.


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C comme si l'onu et les autres avaient besoin de ce rappel au devoir !
11 h 24, le 02 février 2018