Liban

Au Liban, la non-violence au cœur d’un concours scolaire

Pédagogie

L’ONG La Troisième Voix a récompensé une centaine d’œuvres réalisées par des collégiens et des lycéens de tout le pays.

24/01/2018

Des écoliers jubilent, d’autres pleurent : la cérémonie de remise des prix organisée par l’association La Troisième Voix a passionné ces jeunes participants des classes de 6e, 3e ou 1re, issus de 30 établissements publics et privés. Car la compétition était rude. Parmi plus de 600 œuvres réalisées dans le cadre du concours « Comment consolider la paix », seule une centaine a été récompensée par le jury, samedi dernier. À l’occasion, le collège de l’Annonciation à Beyrouth a prêté son amphithéâtre à La Troisième Voix (3V) où les œuvres ont été exposées et où plus de 200 personnes étaient présentes, pour l’occasion, notamment des chefs d’établissement, des enseignants, des parents et des élèves. Photos, maquettes, vidéos, poèmes, dessins, textes, toutes les productions visaient à « promouvoir la paix et la non-violence », explique à L’Orient-Le Jour Serge Schoulika, cofondateur de 3V. L’initiative est soutenue par le ministère de l’Éducation nationale. Son directeur général, Fadi Yarak, était représenté par Caroline Ghostine.

Les trois meilleures productions dans chaque catégorie ont été récompensées par un jury issu de la société civile, composé notamment d’une peintre, Zoha Nassif, d’une traductrice, Pascale Abdallah Nasser, et de deux représentants d’un cabinet d’architectes. Outre un certificat, la centaine d’élèves récompensés auront droit à une journée avec la Finul, une autre avec l’armée libanaise à la caserne de Hammana, une troisième également à la Société de protection de la nature au Liban (SPNL) et une dernière journée avec le Cirquenciel, le cirque social de l’association arcenciel. Ces journées visent à sensibiliser les élèves au maintien de la paix, mais aussi à l’engagement civique et environnemental. « Pour nous, ces jeunes sont l’avenir du pays. En menant aujourd’hui des projets en faveur de la paix, nous espérons que cet engagement sera traduit en actes plus tard tout au long de leur vie », confie Serge Schoulika. Anna et Mary, élèves de 12 ans au collège de la Sainte Famille française à Jounieh, abondent en ce sens. « C’est un projet spécial pour moi. Il est important de sensibiliser les autres à la non-violence », explique fièrement Anna, gagnante du 1er prix dans la catégorie Poèmes francophones. Mary, dont le texte engagé a remporté le 2e prix dans sa catégorie, poursuit : « Il faut transmettre le message selon lequel la violence n’est jamais une solution. »

Créée en 2011, l’association La Troisième Voix s’est fixé pour objectif de rassembler la société civile autour d’un mouvement censé lui permettre de dépasser le clivage de l’époque, entre les deux camps politiques adverses du 14 et du 8 Mars. D’où le choix du nom. La Troisième Voix souhaitait notamment rassembler la population autour de la défense de la laïcité et du mariage civil, des droits des homosexuels ou encore du vivre-ensemble intercommunautaire. Serge Schoulika explique à L’OLJ : « Nous sommes partis du constat que les politiques n’apportent rien de nouveau et que les citoyens échouent systématiquement à changer ce milieu hermétique et corrompu. Nous ne voulions pas non plus rester passifs. Alors, nous avons décidé de fonder une ONG sur des valeurs pragmatiques et sociales. » L’association a notamment organisé un cycle de conférences sur des thèmes liés à la citoyenneté, l’économie ou la politique, dont les conclusions devraient bientôt être rassemblées dans un recueil. 3V ratisse large et a fait intervenir des personnalités de tous bords politiques. Le concours des écoles sur la paix, dont la première édition s’est tenue en 2015, s’inscrit dans cette démarche. En témoigne la diversité des 700 élèves participants, issus de 30 établissements aussi bien publics que privés, toutes confessions confondues. « Nous avons remarqué que les productions ne reflètent pas le background communautaire des élèves, qui ne sont pas encore trop façonnés politiquement. Leurs œuvres sont personnelles et innocentes », se félicite Serge Schoulika.

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