L’émir du Qatar reçu hier par le président turc. Kayhan Ozer/Palaispésidentiel/Handout via Reuters
Les Émirats arabes unis ont affirmé hier que des avions de chasse du Qatar avaient « intercepté » deux avions de ligne émiratis en route vers Bahreïn, marquant une escalade entre Abou Dhabi et Doha qui n'ont plus de relations diplomatiques. Le Qatar a démenti le premier incident.
C'est une « menace flagrante pour la sécurité de l'aviation civile et une claire violation du droit international », a affirmé l'Autorité générale de l'aviation civile émiratie.
Plus tard, Doha a rejeté ces déclarations. « L'État du Qatar déclare que les affirmations selon lesquelles des avions de chasse qataris ont intercepté un avion civil des Émirats (sont) totalement fausses », a dit Lulwa al-Khater, porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, sur son compte Twitter.
Dans l'après-midi, l'Autorité générale de l'aviation civile émiratie a publié un nouveau communiqué affirmant que « des avions de chasse qataris avaient intercepté un deuxième avion de ligne » alors qu'il approchait de Bahreïn. Comme le précédent, il s'agissait d'un vol régulier, a-t-elle ajouté.
À deux reprises ces derniers jours, le Qatar a affirmé que des avions militaires émiratis avaient violé son espace aérien, une première fois le 21 décembre, puis le 3 janvier, entraînant des plaintes auprès des Nations unies.
Les relations entre les deux pays – « frères ennemis » du Golfe – sont au plus bas.
Dimanche, la chaîne de télévision al-Jazira basée au Qatar a diffusé une vidéo montrant un membre de la famille royale qatarie affirmant être retenu contre son gré aux Émirats.
Abou Dhabi a démenti, affirmant que cette personnalité, cheikh Abdallah ben Ali al-Thani, était libre de ses mouvements et qu'il pouvait quitter les Émirats quand bon lui semble.
Le 5 juin 2017, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte ont brusquement rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar en l'accusant de soutenir des groupes extrémistes, notamment la confrérie des Frères musulmans, et de se rapprocher de l'Iran, le grand rival régional des Saoudiens.
Ces quatre pays ont fermé leurs liaisons aériennes, maritimes et terrestres avec le Qatar. Doha a rejeté les accusations de soutien à des groupes extrémistes en affirmant que le quartette arabe cherchait en fait à mettre sa politique étrangère « sous tutelle ».
Parallèlement, l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a été reçu hier par le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara. Les deux dirigeants se sont retrouvés au palais présidentiel à Ankara dans l'après-midi, selon la présidence turque, qui n'a pas dévoilé la teneur de leurs échanges. La Turquie est l'un des plus fervents soutiens du Qatar dans le différend qui l'oppose à ses voisins.
Source : AFP

