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Liban

Les évêques maronites s’étonnent des poursuites contre des journalistes

Communautés

Bkerké en appelle à l'État pour le paiement des salaires des enseignants.

OLJ
04/01/2018

Les évêques maronites ont tenu hier leur réunion mensuelle à Bkerké, sous la présidence du patriarche Béchara Raï, et en présence, exceptionnellement (à la demande des évêques), du président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, Ibrahim Kanaan. Et pour cause : ils souhaitaient discuter avec lui du dossier économique, et plus particulièrement de l'épineuse question de la majoration des salaires des enseignants, au cœur d'un bras de fer entre le secrétariat général des écoles catholiques et le syndicat des enseignants. Bkerké est revenu à la charge pour ce qui est des salaires, en estimant qu'il appartient à l'État de les payer.
Toujours est-il que la discussion autour de l'échelle des salaires a conduit à survoler l'ensemble du dossier économique, qui a été abordé par les évêques, en même temps que celui de la liberté de presse et d'expression, à la lumière des poursuites engagées contre des journalistes, notamment notre confrère de la LBCI, Marcel Ghanem, qui doit comparaître aujourd'hui devant le premier juge d'instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour. Il est reproché à M. Ghanem d'avoir donné l'antenne à un journaliste saoudien qui avait violemment critiqué les présidents de la République, Michel Aoun, et de la Chambre, Nabih Berry, ainsi que le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, les accusant d'être « des partenaires du Hezbollah dans le terrorisme ».
À ce sujet, les prélats ont « exprimé leur étonnement face à ce qui se passe au niveau de la liberté d'expression et des mesures qui sont prises à l'encontre de citoyens et de journalistes, ce qui nourrit chez certains la crainte d'un glissement vers une restriction des libertés d'information et d'expression », ont-ils souligné dans leur communiqué. « Il est évident que tous doivent se conformer aux lois et laisser la justice trancher », se sont-ils contentés de commenter.
Pour ce qui est de l'échelle des salaires, les évêques maronites ont « exhorté l'État à prendre les mesures qui s'imposent dans l'intérêt des enseignants, des parents et des écoles privées ». « L'État est responsable, en vertu de la Constitution, d'assurer une éducation aux Libanais et de préserver les écoles privées qui sont d'utilité publique, relève le communiqué des prélats. Il est, par voie de conséquence, responsable du paiement des salaires des enseignants dans le secteur privé et doit honorer ses engagements vis-à-vis des établissements gratuits pour que le secteur de l'éducation, qui fait la fierté des Libanais, ne soit pas en crise », selon le communiqué.
Ibrahim Kanaan devait à son tour expliquer, au terme de la réunion, que les discussions autour de l'échelle des salaires ont porté sur « les moyens d'aboutir à des solutions en ce qui concerne le problème de l'augmentation des frais de scolarité ». « Il y a une entente sur les moyens de traiter ces dossiers, a déclaré M. Kanaan. Nous ne sommes pas venus pour présenter nos propositions, mais pour chercher des solutions appropriées aux enseignants et aux familles », a-t-il dit.
Les évêques ont d'autre part mis en garde contre « les dangers auxquels l'économie nationale est exposée du fait du marasme et de l'aggravation de la dette publique qui conduit les autorités à imposer de nouvelles taxes aux Libanais ». « Pour éviter le pire, les prélats appellent l'État à se concentrer sur les projets de développement qui intéressent la population et les présenter aux États et aux organismes donateurs afin qu'ils les financent et qu'ils supervisent leur exécution », indique le texte.
Dans le même ordre d'idées, les évêques ont exprimé « leur inquiétude face à la polémique qui entoure certaines adjudications qui ont pris de façon presque exclusive un cachet partisan ». Ils ont appelé les responsables à « veiller à l'application des lois dans ce domaine, préserver l'intérêt public, ne pas accepter que les fonds publics soient dilapidés et imposer la transparence à tous les niveaux de l'adjudication ».

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