Tête-à-tête dimanche, à Bkerké, entre le chef de l’État et le patriarche maronite. Photo ANI
Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a mis en garde contre « le dépérissement progressif de l'école privée, l'un des piliers du Liban ». Dans l'homélie qu'il a prononcée lundi à l'occasion de la fête de la Nativité, le chef de l'Église maronite, s'adressant au chef de l'État qui assistait à l'office, a réaffirmé que les parents « ont le droit de choisir pour leurs enfants l'école qui leur convient », et qu'il est donc nécessaire que l'État subventionne les traitements des enseignants des écoles privées et, par conséquent, avoir un droit de regard sur les tarifs scolaires, faute de quoi, nous perdrons progressivement l'un des piliers du Liban, à savoir l'école privée connue pour sa discipline et son niveau scientifique ».
La veille, le chef de l'Église maronite avait réaffirmé que « l'école privée au Liban est assimilable à un service public ».
Le patriarche avait entamé la partie sociale de son homélie en affirmant qu'un tiers de la population libanaise (soit plus de 1,5 million de personnes) vit en dessous du seuil de pauvreté (moins de 4 dollars par jour), et attend du président de la République « qu'il reprenne à son compte l'annonce d'une joie qui prenne le visage de la stabilité politique et du redressement économique, de la reprise des offres d'emploi pour les jeunes et de la protection du droit des parents à placer leurs enfants dans les écoles de leur choix ».
« Manque de vision »
La prise de position du patriarche sur les écoles privées a été critiquée par des sources scolaires, qui redoutent que la participation de l'État à leur financement ne revienne à les placer sous la coupe du secteur public et finisse par restreindre leurs libertés.
Selon ces sources, « le problème des écoles catholiques, c'est un manque de vision qui les empêche de mutualiser leurs ressources »», pour permettre aux plus petites d'entre elles, qui se situent dans le monde rural et comprennent moins de 400 élèves, de continuer à fonctionner, grâce à une compensation venue des grandes écoles.
Dans le monde rural, des écoles catholiques risquent fort, en effet, de ne pas pouvoir faire face aux augmentations de salaires de leurs enseignants et de fermer leurs portes, faute de revenus, assurent ces sources, alors que les grandes écoles de Beyrouth et de sa périphérie n'ont pas ce problème et, au contraire, s'efforcent d'éponger de diverses manières les scolarités impayées.

