Le dirigeant catalan Carles Puigdemont (au centre) tout sourire lors de l’annonce des résultats montrant que les indépendantistes ont obtenu la majorité des sièges au Parlement. Aris Oikonomou/AFP
Les trois partis indépendantistes sont en passe de retrouver leur majorité absolue au Parlement de Catalogne, selon des résultats partiels annoncés à l'heure de mettre sous presse hier soir, sur plus de 85 % du scrutin régional de jeudi.
Les trois listes séparatistes obtiendraient ensemble 70 sièges sur 135, deux de plus que la majorité absolue au Parlement régional, tandis que le parti anti-indépendance Ciudadanos serait le premier parti avec 36 élus, selon des résultats officiels portant sur 87,2 % des bureaux.
Mais la liste « Ensemble pour la Catalogne » du président séparatiste destitué Carles Puigdemont obtiendrait 34 élus et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) de son ex-vice-président emprisonné Oriol Junqueras en aurait 32.
Avec les anticapitalistes de la CUP (4 élus), les trois listes indépendantistes obtiendraient ensemble 70 sièges et retrouveraient la majorité absolue dont ils disposaient dans le Parlement dissous par le gouvernement central.
Les chiffres peuvent cependant encore changer, des bulletins restant à dépouiller notamment dans la périphérie de Barcelone traditionnellement réfractaire à l'indépendance.
Les séparatistes avaient voté le 27 octobre une proclamation d'indépendance immédiatement suivie d'une mise sous tutelle de la région par le gouvernement central qui avait convoqué de nouvelles élections régionales.
Les trois listes partisanes de l'unité de l'Espagne obtiendraient elles 57 sièges au Parlement régional où la majorité absolue est de 68.
Parmi elles, les socialistes auraient 17 députés, tandis que le Parti populaire du chef du gouvernement Mariano Rajoy, historiquement faible dans la région, serait la dernière force politique au Parlement avec 4 sièges.
La liste de gauche radicale Catalunya en Comu, qui s'est présentée, en campagne, comme l'arbitre entre les deux blocs, obtiendrait 8 sièges, contre 11 en 2015.
Les Catalans ont voté en nombre hier. Le taux de participation a montré une très forte mobilisation, avec 68,32 % des électeurs qui s'étaient rendus aux urnes vers 18h00, soit une augmentation de plus de cinq points par rapport à la consultation déjà record de 2015.
Mobilisés par cet enjeu crucial après des semaines d'angoisse et de tensions, les Catalans ont formé dès le matin des files d'attente devant les bureaux, sous un soleil hivernal.
« Le vote d'aujourd'hui, c'est oui ou non à l'indépendantisme en Catalogne », résumait Gloria Garcia, une standardiste de 57 ans dans une banlieue ouvrière du nord de Barcelone.
Les 5,5 millions d'électeurs appelés aux urnes devaient renouveler leur Parlement après une campagne atypique, avec des candidats en prison ou en fuite en Belgique, comme l'ancien président indépendantiste destitué Carles Puigdemont.
En 2015, les séparatistes avaient pour la première fois remporté une majorité des sièges au Parlement catalan (72 sur 135), avec 47,8 % des suffrages.
En octobre, ils ont organisé un référendum d'autodétermination interdit, marqué par des violences policières, qu'ils affirment avoir remporté avec 90 % de « oui » et un taux de participation de 43 %. Puis, le 27 octobre, 70 députés catalans sur 135 ont proclamé l'indépendance de la « République de Catalogne ».
Pour tuer dans l'œuf la tentative de sécession, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a mis la région sous tutelle et destitué le gouvernement.
Il a aussi convoqué ce scrutin, promettant qu'il permettrait un « retour à la normalité ».
Les sondages anticipaient que la bataille pour la première place devrait se jouer entre le parti sécessionniste de gauche ERC du vice-président destitué Oriol Junqueras – inculpé et emprisonné pour « rébellion » – et Ciudadanos, parti fondé pour lutter contre les nationalistes. Les deux principaux dirigeants destitués par Madrid se présentent sur des listes séparées, mais dénoncent ensemble la « répression » de Madrid.
Carles Puigdemont, conservateur et indépendantiste, entend reconquérir son poste dans les urnes, tout en sachant qu'il serait arrêté s'il rentrait en Espagne.
Source : AFP


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