Liban

L’affaire Khazaali, une polémique électorale, selon le Hezbollah

Décryptage
16/12/2017

Avec l'annonce par le président russe Vladimir Poutine du début du retrait de ses forces de Syrie, la tendance vers la fin de la guerre militaire dans ce pays se confirme. Certes, des régions restent encore sous le contrôle de certains groupes de l'opposition, comme la Ghouta orientale de Damas, ou de combattants terroristes (comme le rif de Deir ez-Zor et de Bou Kamal), mais il ne s'agit plus que de poches isolées qui ne peuvent plus remettre en question les données sur le terrain. L'annonce de Poutine avait été précédée d'une déclaration du secrétaire général du Hezbollah dans laquelle il avait annoncé que la guerre en Syrie touche à sa fin, dans un signe qui a été interprété comme le début du retrait des combattants du Hezbollah de Syrie. Cette annonce est intervenue au plus fort de la crise dite de « la démission de Riyad » et elle était destinée à permettre au Premier ministre de reprendre ses fonctions, en acceptant indirectement une de ses demandes sur la non-intervention dans les guerres des autres pays.

L'issue trouvée à la crise « de la démission de Riyad » portait donc sur le renflouement de la politique de distanciation, officiellement adoubée par la communauté internationale, Paris en tête. Immédiatement, les forces internes libanaises hostiles au Hezbollah ont cherché à exploiter cette situation en leur faveur en commençant à vouloir remettre sur le tapis le désarmement du Hezbollah. Ces forces se basent sur la déclaration finale de la conférence du GIS (le Groupe international de soutien au Liban) qui s'est tenue à Paris la semaine dernière, pour réclamer un débat politique sur les armes du Hezbollah dans le cadre d'une nouvelle stratégie de défense. Elles estiment ainsi que l'insistance des membres de ce groupe international à mentionner l'application de la résolution 1559 dans le communiqué final est un indice de la détermination de la communauté internationale à encercler le Hezbollah, d'abord économiquement et désormais même militairement. D'ailleurs, des milieux diplomatiques occidentaux ont relayé cette tendance en laissant entendre que la communauté internationale va observer de très près la situation au Liban et considère que les armes doivent être entre les mains des forces armées légales.

Sur la base de toutes ces données, on pourrait croire que le Hezbollah serait actuellement mis au pied du mur et il craindrait donc que le dossier de ses armes soit de nouveau à l'ordre du jour. Surtout après la visite du chef de la milice chiite irakienne « Assaeb Ahl el-Haq » Qaïs el-Khazaali, au Liban, au cours de laquelle il a bénéficié d'une escorte du Hezbollah (non armée) pour se rendre notamment à la porte de Fatima, à Kfarkila, à la frontière avec Israël. Le Premier ministre avait d'ailleurs ordonné l'ouverture d'une enquête sur la façon dont Khazaali est entré au Liban, alors que sa présence à la frontière a été considérée comme un défi à l'État libanais par certaines parties politiques internes... et à « Tsahal » pour les médias israéliens. Une polémique a même été lancée sur le sujet au Liban, alors que le Hezbollah a gardé un silence sur toute l'affaire. Selon des sources proches de cette formation, tout ce tapage est artificiel et ne vise qu'à permettre à certaines parties, dont l'image a été écornée au cours de la dernière crise politique, de se remettre en selle sur le plan populaire.

Les sources proches du Hezbollah estiment ainsi que le parti, qui fait partie des forces qui ont contribué à la mise en échec du « plan américano-israélo-saoudien » en Syrie, ne peut pas se transformer en perdant au Liban. L'annonce du sayyed Hassan Nasrallah sur le retrait de ses hommes d'Irak et peut-être de Syrie, avec la fin de la guerre militaire sur le terrain dans ces deux pays, ne peut pas être considérée comme un signe de faiblesse ou encore moins comme une décision prise à cause des pressions internationales et internes. Il s'agit au contraire d'un geste voulu par le Hezbollah en direction du président de la République et du Premier ministre pour faciliter le retour à la normale des institutions. Il ne faut donc pas se hâter de se lancer dans d'autres interprétations. Selon les sources précitées, les déclarations internationales ne sont qu'une tentative de rééquilibrer les rapports de force au Liban, mais elles ne sont pas applicables dans le contexte actuel, et les instances internationales le savent. Dans les messages qui parviennent au Hezbollah, selon les sources précitées, les instances diplomatiques reconnaissent que le dossier des armes du Hezbollah est une affaire libanaise interne, et, par conséquent, les positions publiquement annoncées sont faites par principe et pour le rappel, mais il n'y a aucune intention de provoquer des troubles à l'intérieur du Liban à ce propos. Selon les sources proches du Hezbollah, la polémique soulevée actuellement dans les médias sur ce sujet est donc uniquement électorale et elle reste à portée limitée. La communauté internationale ne cesse d'affirmer son attachement à la stabilité du Liban et pour les sources proches du Hezbollah, ce dernier fait partie de l'équation interne...

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Saliba Nouhad

Mais voyons, il est évident que Mr Hariri n’a rien obtenu ni gagné: des déclarations bidons, de la poudre aux yeux, il sait très bien que le Hezbollah ne lui fera aucune concession, car se considère victorieux en Irak et en Syrie, va sûrement ramener quelques troupes au Liban, qu’on va interpréter comme concession pour la distanciation, il va gagner du temps, se refaire une base électorale et le problème n’ est que partie remise!
Il avait bien admis que le problème du Hezbollah dépasse le Liban: un aveu d’impuissance et de sagesse peut-être, car les Libanais n’ont pas les moyens de s’opposer à cet état dans l’ état, et qu’un affrontement direct ou dans la rue ne pourrait avoir que des conséquences dramatiques...
Peut-être qu’on joue la paix et stabilité interne pour l’instant, mais tôt ou tard, cette anomalie greffée sur la mosaïque sociale Libanaise va nous éclater au visage avec intervention d’acteurs étrangers...
Un vase cassé dont on recolle les morceaux, demeure un vase cassé!
Ça prendrait un vase neuf et plus solide.

Fredy Hakim

La visite à Faraya de l’ex héros des FL le sheikh
Ahmad al Asir était sûrement plus sympathique!!!

gaby sioufi

""Qaïs el-Khazaali, au Liban, au cours de laquelle il a bénéficié d'une escorte du Hezbollah (non armée)""

notez ci-haut la tentative de faire passer un message resolument de defense - ou d'intox - avec finesse - tentaive ratee car evidente.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DIVAGATIONS, DESINFORMATIONS ET BARATINS FORMENT CE PRETENDU DECRYPTAGE OU LE PARTI PRIS AVEC CONTRE PARTIE DE MSH PREND LES LIBANAIS POUR DES IMBECILES !

Bery tus

mais oui c'est cela mon cher Watson

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