Parce que, souvent, on a envie de sortir, mais pas forcément d'aller au restaurant, et parce que la nourriture
intellectuelle est aussi importante que celle des bedons, voici huit rendez-vous testés, approuvés ou qui titillent notre curiosité. Parmi les rendez-vous inratables des quatorze jours à venir, les différentes manifestations liées aux festivités. Noël ne serait pas vraiment Noël sans le récit de la petite Marie et son prince Casse-Noisette, ni les concerts de Beirut chants ou les expositions qui sont un régal pour les yeux. Et une ou deux idées à glisser sous le sapin...
Ballet
Casse-Noisette/Empire Première

Une saison des fêtes sans Casse-Noisette n'en est pas vraiment une. Alors lorsque l'occasion de voir le plus grand conte de Noël, dans la version unique du ballet du Bolchoï, se présente, il ne faut pas bouder ce plaisir. Le conte de Hoffmann, revisité par le maître du ballet russe Youri Grigorovitch sur la partition enchantée de Tchaïkovski et dansée par les étoiles du Bolchoï, est retransmis en direct de Moscou. La veille de Noël, la poupée Casse-Noisette de Marie se métamorphose en un beau prince qui l'entraîne dans un voyage féerique. Mais le Roi Souris les surprend et son armée s'en prend à Marie. Un spectacle qui transportera petits et grands dans un univers de magie et d'émerveillement. Mercredi 20 décembre à 20h, à l'Empire Première – Sodeco, à l'initiative du Rotary Club Beirut Cosmopolitan.
CONCERT
Philharmonix/Beirut chants

Dans le cadre du festival Beirut chants qui, tous les ans, plante son grain musical festif au cœur de la capitale, durant la période de l'Avent, la cathédrale Saint-Louis accueille le 20 décembre les Philharmonix, des Germano-Autrichiens qui se plaisent à redéfinir les codes de la musique classique. Armés de violons, piano, basse ou clarinette, des instruments a priori coutumiers, les sept membres promettent de dépoussiérer et réinventer les standards de Noël en proposant un concert de fêtes ludique, émouvant et échevelé. Une seule règle d'or à suivre : tout va, à condition que ce soit fun.
Cinéma
« The Man Who Invented Christmas »

En écrivant A Christmas Carol, Charles Dickens a créé une tradition. The Man Who Invented Christmas de Baharat Nalluri raconte cette aventure singulière. L'auteur d'Oliver Twist est en panne d'inspiration. Après avoir entendu l'une de ses domestiques raconter une histoire de Noël à ses enfants, il est pris d'une illumination : il écrira un conte de Noël. Au fil de son écriture, les personnages prennent forme. Le public est donc invité à entrer dans la tête de l'artiste jusqu'à rencontrer ses personnages en chair et en os. Dans l'adaptation du roman au cinéma, on peut voir les esprits des Noël passés, présents et futurs, ainsi que l'inimitable Scrooge, interprété par Christopher Plummer, débarquer dans le bureau de l'auteur. Un film enchanteur et magique.
Exposition
« Open Eyes 2 »/Hazmieh

Après Jbeil, Reynaldo Sayegh s'installe à Hazmieh, dans le cadre d'une maison familiale, et installe avec lui ses nouveau-nés. Plus de soixante toiles dans la continuation des précédentes – d'ailleurs il a intitulé l'exposition Open Eyes 2 – qui témoignent de la joie et du sens positif de cet artiste. Il incite l'autre à ouvrir les yeux pour regarder la beauté qui l'entoure, mais aussi pour essayer d'aller plus loin. Avec ses portraits aux yeux grands ouverts, ses couleurs chatoyantes, son univers tantôt enfantin et naïf, et tantôt d'un pur réalisme, Reynaldo Sayegh insuffle à ses œuvres un esprit festif. Pour lui, chaque jour est une fête. La maison accueille les visiteurs toute la journée. Pas d'horaire pour les braves ! Jusqu'au 18 décembre.
Cimaises
« L'ivresse des yeux »/Laure Ghorayeb

« Hier encore j'étais une petite fille. J'avais toujours peur de devenir aveugle. Je m'exerçais à marcher les yeux fermés. Je barbouillais des signes et des formes avec les yeux fermés... Aujourd'hui, je suis une petite fille de 86 ans. Je doute toujours, mais en gardant mes yeux grands ouverts », révèle Laure Ghorayeb dans une petite note accompagnant son actuelle exposition à la galerie Janine Rubeiz (jusqu'au 13 janvier). Quelques mots émouvants qui donnent envie d'aller voir de plus près les toutes dernières œuvres de cette artiste singulière. Une série de techniques mixtes déclinant des frimousses faussement candides de poupées, lesquelles révèlent sous l'apparente naïveté du thème ces mille et une interrogations métaphysiques et sombres tourments que cache L'ivresse des yeux (titre de l'exposition).
Beau livre
Chapelle Sixtine/Black Box

La fresque du plafond de la chapelle Sixtine, comme jamais vue auparavant. Alice Mogabgab organise un private view d'un ouvrage unique, Sistine Chapel, le dimanche 17 décembre à 18h, dans la Black Box de sa galerie éponyme, place Sassine.
À travers les pages de cette édition en trois volumes, l'on peut admirer des détails de la magnifique fresque de 4 000 mètres carrés peinte par Michelangelo et les maîtres toscans et ombriens il y a cinq siècles. Sistine Chapel, ouvrage de luxe édité en 1999 en nombre limité, 778 pages en six couleurs, 220 pages à une échelle 1:1 et reproduction des fresques à 99,9 % de précision. Le texte est signé par le professeur Antonio Paolucci, ancien directeur du musée du Vatican.
Également au programme des festivités : chants de Noël et Panettone Party jusqu'à 21h.
CD
« Rest » – Charlotte Gainsbourg

Lorsque Charlotte Gainsbourg – plus à l'aise au rayon cinéma – sortait des disques par intermittence, c'était en laissant à des pygmalions le soin de la dissimuler en musique et à l'anglais celui d'agir comme langue de camouflage. Avec Rest, la chanteuse tombe les masques (en chantant en français) et livre un album nu, intime et joliment impudique, dont la perte de sa sœur Kate a été le déclenchement. Aux sonorités électroniques injectées par son complice Sebastian, se mêlent Charlotte la chanteuse à la voix ventilée, Charlotte l'auteure aux mots coutelas et surtout Charlotte la digne héritière de ses parents.
Musique
Rita Okais « Blue »/Concert Beirut Open Space

Elle aime le bleu, mais le craint aussi. Le bleu de la mer, du ciel, mais la crainte des hauteurs et des profondeurs. C'est pour cette raison que Rita Okais a choisi Blue comme nom de scène. Elle se produit ce 26 décembre au Beirut Open Space et lance à l'occasion son premier album composé de cinq titres. Ses influences musicales ont pour nom le groupe Doors, Serge Gainsbourg mais aussi le rythme de la Bossa Nova. Pour ce premier travail, Rita Okais a composé et écrit les paroles, en solitaire, créant son propre langage musical. Par la suite, Marc Codsi en a réalisé les arrangements et Zeid Hamdane, avec qui elle a collaboré quelques années, a mis sa patte de velours.

