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Liban

Vif plaidoyer de Michel Moawad en faveur de la neutralité du Liban

Commémoration de l’assassinat de René Moawad
OLJ
04/12/2017

C'est un véritable plaidoyer en faveur de la neutralité du Liban à l'égard des conflits de la région que le chef du Mouvement de l'indépendance, Michel Moawad, a effectué hier, lors de la 28e commémoration à Zghorta de l'assassinat de son père, l'ancien président de la République René Moawad, dans un attentat à la voiture piégée le 22 novembre 1989.
L'office a été célébré en l'église Saint-Jean-Baptiste à Zghorta par le vicaire patriarcal général de Bécharré, Zghorta et Ehden, Mgr Joseph Naffah, qui a rendu un vibrant hommage à la mémoire du disparu, en présence d'un grand nombre de personnalités.
Prenant la parole, Michel Moawad a affirmé qu' « il y a 28 ans, tombait René Moawad, après sa tentative d'annihiler tous les barrages, rétablir les liens brisés, reconstruire un État pour défendre et rassembler tout le monde. Aujourd'hui, il est vrai que les barrages physiques sont tombés, mais les barrages psychologiques et les divisions sont toujours là, parce que nous ne sommes pas tous retournés dans le giron de l'État ».
« Certaines parties ont toujours des projets en dehors de l'État, voire à l'extérieur des frontières. Vingt-huit ans après, nous n'avons toujours pas pu édifier un État, qui puisse établir son autorité par ses propres forces sur les 10 452 km², qui puisse assurer la sécurité et la sûreté à tous les Libanais, appliquer la loi à tous et offrir aux citoyens des services sans corruption et sans clientélisme », a indiqué M. Moawad.
« René Moawad est tombé il y a 28 ans parce qu'il a voulu recouvrer la décision libanaise en faveur d'un État indépendant, souverain, respectueux de lui-même », a poursuivi le chef du Mouvement de l'indépendance. « Nous sommes toujours témoins, 28 ans après, d'ingérences innombrables dans les affaires intérieures libanaises, de toutes parts. Mais ce n'est pas l'extérieur qu'il faut blâmer. L'Iran, l'Arabie saoudite, les États-Unis, la Russie, la France, la Turquie, le Qatar... chaque pays a le droit d'œuvrer pour son intérêt propre, cela va de soi. Mais il est temps, en tant que pays et que libanais, de faire prévaloir notre intérêt, celui du Liban », a-t-il souligné.

« Pas de stabilité hors de l'État »
« L'intérêt du Liban est l'existence d'un État réel, détenant le monopole de la violence et rassemblant les armes de tous sans exception, en vertu de l'accord de Taëf. L'expérience nous a appris que les armes qui échappent au contrôle de l'État non seulement nous divisent, mais nous plongent dans le jeu des axes, dont nous subissons une nouvelle fois les conséquences catastrophiques aujourd'hui », a ajouté Michel Moawad.
« L'intérêt du Liban est dans la stabilité sécuritaire, politique, économique, financière et sociale. La stabilité, c'est d'abord le retour de tous à l'État, aux institutions constitutionnelles et politiques, au régime démocratique parlementaire pluraliste libéral. Il n'y a pas de stabilité hors de l'État, des institutions et de la Constitution », a affirmé M. Moawad.
« La stabilité signifie aussi la neutralité du Liban vis-à-vis des conflits de la région dans le respect des causes arabes rassembleuses. La neutralité est une pratique effective, qui passe par le fait de s'empêcher définitivement et intégralement de s'ingérer de quelque manière que ce soit dans les affaires d'un pays étranger, quel qu'il soit, arabe ou non arabe. C'est ainsi que le Liban serait la Suisse de l'Orient et pas une arène des règlements de comptes régionaux. Il est temps de tirer les leçons de ce que nous et d'autres que nous ont vécu, et nous parions aujourd'hui sur le rôle du président de la République et sa sagesse sur ce sujet », a-t-il ajouté.
M. Moawad a enfin souligné la nécessité pour le Liban de respecter les résolutions internationales, le consensus arabe et les décisions de la Ligue arabe, compte tenu notamment de la présence de Libanais aux quatre coins du monde et de la région. « L'intérêt du Liban est de préserver ses meilleures relations avec les pays arabes et du monde entier, sans entrer dans des axes et s'attirer des sanctions financières et économiques dont les conséquences n'épargneront personne », a-t-il conclu.

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