Des spectacles de danse à Deir el-Qamar. Photo Stanislas Poyet
L'Institut français de Deir el-Qamar accueille, à l'initiative de Maqamat, des danseurs et des chorégraphes de la région mais aussi d'ailleurs dans le cadre du Meem Dance Congress. « Le but de cet événement est d'engager une discussion autour du thème de la création et du modèle économique, comment créer et vivre de son art », explique Véronique Aulagnon, directrice de l'Institut français du Liban. Cet événement est aussi l'occasion pour tous les danseurs et chorégraphes qui y participent de percer de manière internationale dans le monde de la danse. En effet, ce congrès fait suite à l'aboutissement d'un mois de résidence d'artistes, encadrés par des professionnels, durant lequel les participants ont travaillé des créations qu'ils auront l'occasion de présenter à des producteurs afin, éventuellement, de décrocher une place dans une programmation culturelle en France, en Europe ou ailleurs.
Ce colloque, la compagnie libanaise de danse contemporaine Maqamat l'a voulu comme la dernière étape de deux projets qui se complètent et s'entremêlent : le Meem project, résidence d'artistes, et le Takween, un programme d'entraînement intensif pour ces derniers. Des danseurs et des chorégraphes de tout le Levant, mais aussi d'Iran ou du Canada, y ont participé, et ils présenteront leurs créations lors du festival Bipod – Beirut international Platform of Dance au printemps 2018. Les rencontres, soutenues par le South Med CV, une organisation pour la promotion de la culture dans les pays du sud de la Méditerranée, et par l'ambassade de Norvège, font aussi partie des nombreuses collaborations entre Maqamat et l'Institut français. Ce dernier est en effet très investi dans la promotion de la culture en général et de la danse en particulier, en mettant des studios à disposition des danseurs, en organisant de nombreuses résidences, ateliers ou festivals en partenariat avec la compagnie.
Maqamat se veut un laboratoire de talents, une plate-forme pour les danseurs de tous les pays arabes mais aussi un lieu de dialogue et de paix. L'ambassadrice de Norvège, Lene Natasha Lind, dont le pays soutient le projet depuis 2010, souligne l'importance d'un tel événement dans la région. « Nous croyons que l'art est un outil diplomatique puissant ; investir dans des projets solides comme celui-là est, pour nous, un moyen de promouvoir la paix et le dialogue », explique-t-elle. À l'aune de ces considérations, la danse se présente un moyen d'expression des plus adaptés. « La danse est un art qui s'adresse à tout le monde, sans barrière de langue », renchérit Véronique Aulagnon. Depuis 2002, Maqamat marque la scène artistique libanaise et insuffle un vent de dynamisme à la danse contemporaine. Le Meem Dance Congress et Deir el-Qamar sauront en convaincre le public de Bipod 2018 dans quelques mois.
M. d. K. et S. P.

