Le Premier ministre, Saad Hariri, a affirmé samedi que la crise née de sa démission, annoncée le 4 novembre depuis Riyad avant qu'il ne décide de la geler mercredi dernier à son retour au Liban, a révélé les intentions de l'ensemble des parties.
« Cette crise a révélé les intentions des parties cherchant à porter atteinte à la stabilité du pays pour servir leurs intérêts », a déclaré M. Hariri, qui recevait les membres du Conseil islamique chérié à la Maison du Centre. « Nous avons répondu et nous répondrons encore par tous les moyens afin de préserver l'unité et la stabilité du Liban », a-t-il ajouté, soulignant qu'il était de son « devoir d'unir les Libanais et particulièrement ceux qui veulent préserver l'intérêt supérieur de la nation ».
« La décision de surseoir à ma démission doit permettre de donner une chance au dialogue concernant nos revendications, notamment celle de distancier le Liban face aux conflits dans la région », a-t-il déclaré, exprimant son opposition aux prises de position du Hezbollah contre les pays arabes. M. Hariri a souligné par ailleurs qu'il était hors de question pour lui d'accepter que le Hezbollah adopte des positions qui « nuisent à nos frères arabes ou visent la sécurité et la stabilité de ces pays ».
Des rumeurs qui « portent atteinte aux sunnites »
« Cette crise a fait de Dar el-Fatwa et du Conseil islamique chérié une référence nationale pour tous les Libanais ainsi que pour tous les musulmans », a déclaré le Premier ministre. Et de poursuivre : « Il y a des rumeurs qui sont répandues pour porter atteinte aux sunnites. Tantôt on nous reproche d'avoir fait des concessions et tantôt on nous accuse de ne pas accorder assez d'importance aux droits des sunnites en général. Il s'agit d'un discours politique qui vise à ébranler le corps sunnite que représente Dar el-Fatwa et la présidence du gouvernement. »
M. Hariri a par ailleurs assuré que le travail se poursuivait dans le but d'obtenir une amnistie générale pour les détenus islamistes dont le procès n'a toujours pas été entamé. Plusieurs détenus, impliqués notamment dans les combats contre l'armée, à Abra, Nahr el-Bared et Tripoli, croupissent en prison depuis des années dans l'attente d'être jugés, rappelle-t-on.


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