Le siège social de BMW. Le constructeur allemand ainsi que ses rivaux Audi et Mercedes-Benz s’intéressent de plus en plus à la filière hydrogène. En France, des projets sont déjà en place. Toutefois, cette technologie reste aujourd’hui très chère à produire. Photo DR
Jusqu'ici reléguée au second plan derrière les véhicules électriques, la filière hydrogène commence à se faire une place dans la mobilité propre et les projets émergent en nombre.
Le constructeur ferroviaire Alstom vient d'annoncer que 14 trains à pile à combustible, d'une autonomie de 1 000 km, viendraient remplacer, à partir de 2021, des trains diesel en Basse-Saxe (Allemagne). Une première mondiale, selon l'industriel français. En outre, ces derniers mois ont été prolifiques pour la filière : la ville de Pau a lancé le premier projet français de ligne de bus électriques, alimentés par de l'hydrogène, avec Engie (anciennement GDF-Suez) et le fabricant belge de bus Van Hool, tandis que la région Rhône-Alpes veut déployer 20 stations de recharge et une flotte de 1 000 véhicules à hydrogène. Même l'automobile s'y met. Malgré certaines réticences des constructeurs français à s'engager dans cette voie, les équipementiers français Faurecia et Plastic Omnium travaillent sur des réservoirs à hydrogène. Utilisé dans les véhicules électriques équipés de piles à combustible, l'hydrogène permet d'atteindre une autonomie plus importante qu'un véhicule électrique à batterie. Il est produit à partir de gaz naturel, combustible émettant du CO2, ou – de manière plus « verte » – par électrolyse de l'eau, un mécanisme gourmand en électricité. Mais aujourd'hui, l'hydrogène reste une technologie chère. « C'est compliqué d'avoir un modèle d'affaires, alors qu'il y a encore beaucoup de sujets à traiter » pour réduire les coûts dans la production d'hydrogène, l'infrastructure de recharge ou la pile à combustible elle-même, « surtout qu'il y a des concurrents », comme le gaz naturel ou le véhicule électrique, explique Gaëtan Monnier, de l'institut français IFP Énergies nouvelles. Ailleurs en Europe, d'autres pays se mobilisent, notamment en Allemagne avec les constructeurs Audi, Mercedes-Benz ou BMW et les géants du gaz Linde Group et Messer. Alors que l'Europe est distancée pour la fabrication des batteries, elle ne semble pas vouloir rater le train de l'hydrogène, même s'il ne se concrétise qu'à long terme. « Les Chinois essayent d'enterrer les véhicules thermiques parce qu'ils ont les batteries. Donc l'Europe est en train de se questionner sur la technologie sur laquelle elle va miser », développe M. Monnier. Selon une étude commandée par les industriels du secteur, l'hydrogène pourrait représenter près d'un cinquième de l'énergie totale consommée à l'horizon 2050 au niveau mondial, sous réserve que des « investissements significatifs » soient réalisés, estimés à « 280 milliards de dollars d'ici à 2030 ».
Source : AFP


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