X

Culture

À la recherche des derniers remparts d’une humanité abandonnée

BAFF

Le Beirut Art Film Festival met à l'affiche des réalisateurs en quête de patrimoines culturels en perdition.

16/11/2017

Demain vendredi 17 novembre, le Beirut Art Film Festival (BAAF) tire son chapeau au réalisateur libanais Hady Zaccak, qui utilise le documentaire comme outil pour faire revivre l'histoire, enregistrer le présent et préserver la mémoire. Après des études d'audiovisuel à l'Iesav, de nombreux ateliers à la Fémis en 1996 et au HFF Konrad Wolf à Potsdam en 2007, le cinéaste, enseignant et producteur (ZAC Films), n'a de cesse d'écrire et de réaliser des documentaires qui sont diffusés sur les chaînes libanaises et étrangères.

Hady Zaccak est un explorateur, un enquêteur qui va à la découverte de l'histoire de son pays à travers ses métamorphoses sociales et politiques. Ces changements, le réalisateur les sonde à la loupe et les traduit en empruntant différents angles, que ce soit en suivant l'histoire de Taxi Beirut en 2011 ou en contant l'évolution du cinéma libanais dans Liban à travers le cinéma et Cinéma de guerre au Liban (2003). On découvre également son Liban et le nôtre à travers des documentaires sociaux, comme Shi'a echos from Lebanon (2007), Sunni echoes from Lebanon (2008), mais aussi à travers une merveilleuse histoire d'« histoire à refaire », A history lesson en 2009. Certains de ses films (soutenus par la Fondation Liban Cinéma) sont projetés ce vendredi à partir de 18 heures au Metropolis. Ils entraînent le spectateur dans un merveilleux voyage mêlant passé et présent, effets de réalisme et nostalgie, et témoignant de la bonne santé d'un 7e art qui souhaite malgré toutes les difficultés aller de l'avant.

 

(Lire aussi : Quand Vincent, Jérôme et Tyrus s’animent)

 

De Jeïta à Palmyre...
Une même vigueur se lit à travers d'autres productions de la fondation RAM, Robert A. Matta-Association arts et culture, à travers lesquelles le BAFF fait la part belle au patrimoine culturel libanais, mettant en avant des réalisateurs aux noms confirmés comme Bahij Hojeij, ainsi que de jeunes réalisateurs comme Nicolas Khoury et Rami Kodeih.

Sept courts-métrages seront donc projetés quotidiennement. D'abord, quatre de la fondation RAM : Khalil Saleeby Autoportrait (2 minutes), Musée national, Calliope et les sept sages (2 minutes), Paul Guiragossian, rencontres (2 minutes) et Youssef Howayek, les pleureuses. Mais aussi Sidon, métropole de l'Orient de Nicolas Khoury (4 minutes), un film produit par le BAFF et qui présente la fouille exceptionnelle de Sidon, conduite par Claude Doumet-Serhal.

Jeita de Rami Kodeih (al-Jazeera, 25 minutes) est un documentaire magnifique qui retrace les grandes étapes de l'histoire de la grotte, depuis sa découverte à sa reconstruction, en passant par sa fermeture en temps de guerre. Il dénonce par ailleurs les dégâts considérables causés à ce patrimoine. Après les deux projections de ce film durant le BAFF intra-muros, un hommage sera rendu à Sami Karkabi, cofondateur du Spéléo Club du Liban et un des découvreurs de la grotte de Jeïta, qui a eu un rôle déterminant dans la préservation de la grotte.

Enfin, Saving Hasbaya de Bahij Hojeij (12 minutes) est un court-métrage, sorte d'appel au secours. Cette forteresse millénaire, témoin de l'histoire et remplie de richesses, risque de s'effondrer. Qu'attendent donc les autorités pour la sauver ?

Et de Jeïta à Palmyre, de Hasbaya à Mes Aynak et de Gaza à Alep, d'autres documentaires dans le cadre de Patrimoine et barbarie, héritages culturels en danger sont l'objet de cette programmation du BAFF. Ainsi Syrie, les derniers remparts du patrimoine de Jean-Luc Raynaud (55 minutes) relate l'histoire d'une chaîne humaine composée de citoyens désarmés, pacifistes et révoltés, qui sont les « derniers remparts » du patrimoine de l'humanité. Ceux qui sont sur le terrain, en Syrie et en Irak, au péril de leur vie, et avec l'aide de ceux qui, en exil, les soutiennent à distance, sauvent ce qui peut être encore sauvé de leur patrimoine et de leur identité. Syrie, les derniers remparts est projeté ce soir à 18h au Metropolis et demain vendredi 17 novembre à 19h30 au cinéma Montaigne en présence du réalisateur français.

 

 

Lire aussi

Quand le Festival du film artistique de Beyrouth avance à pas de géant

À la une

Retour à la page "Culture"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Soutenez notre indépendance!