Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a estimé hier que la purge sans précédent menée en Arabie saoudite au nom de la lutte anticorruption soulevait « quelques inquiétudes ». Par ailleurs, au cœur des nouvelles tensions entre Riyad et Téhéran se trouve également le conflit au Yémen, où les deux poids lourds du Moyen-Orient soutiennent des camps opposés. Les rebelles houthis ont tiré le week-end dernier un missile – intercepté – vers l'aéroport de la capitale saoudienne, et les Saoudiens ont accusé les Iraniens de leur avoir fourni cette arme. « Il semble très probable » que ce missile vienne d'Iran, a dit Rex Tillerson. Selon lui, « une fois que nous aurons pu le confirmer avec un rapport d'experts », il faudra envisager une « action » au « Conseil de sécurité de l'ONU, car cela représenterait une violation de certaines résolutions » sur « la fourniture d'armes dans une zone de conflit ». Le chef de la diplomatie américaine a appelé « toutes les parties » à « un peu plus de prudence », après des échanges verbaux très guerriers entre Riyad et Téhéran. Mais il a blâmé en premier lieu l'Iran pour « ses activités déstabilisatrices au Yémen, en Syrie, au Liban, et, dans une moindre mesure, en Irak ». « À notre connaissance, l'Arabie saoudite n'exporte pas d'armes dans des zones de conflit, ils se sont engagés dans cette bataille au Yémen contre les forces qui avaient renversé le gouvernement légitime, a-t-il insisté. Donc, je ne dirais pas que l'Arabie saoudite a une influence déstabilisatrice dans la région. »
Moyen Orient et Monde
Arabie saoudite : Tillerson évoque « quelques inquiétudes »
OLJ / le 11 novembre 2017 à 00h00

