Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy à son arrivée au Parlement, hier. Sergio Perez/Reuters
Le fossé s'est encore creusé hier entre Madrid et Barcelone, le président séparatiste catalan refusant de s'exprimer devant le Sénat à la veille d'un vote historique de cette assemblée visant à suspendre l'autonomie de la région espagnole.
« Le président Puigdemont ne se rendra pas jeudi au Sénat », a indiqué un porte-parole de la présidence régionale, précisant qu'il s'agissait là d'une réponse à l'annonce par le gouvernement espagnol que sa décision de prendre le contrôle de la Catalogne était sans retour. Carles Puigdemont était invité à venir présenter ses arguments contre ces mesures. Mardi, il avait annoncé qu'il souhaitait s'exprimer, donnant à certains l'espoir d'un rapprochement. Mais le chef du gouvernement a assuré hier devant le Congrès des députés que la suspension de l'autonomie de la Catalogne était désormais « la seule réponse possible ».
Madrid destituerait l'exécutif catalan et prendrait les commandes de la région, en particulier de sa police. Le Parlement et les médias publics régionaux seraient mis sous tutelle pour six mois jusqu'à l'organisation d'élections. Mais ces mesures risquent de se heurter à des résistances, dans une société catalane divisée à parts presque égales sur l'indépendance, et d'entraîner des retombées négatives pour l'économie de cette région représentant 19 % du PIB espagnol.
Craignant ce scénario, plusieurs membres du gouvernement catalan se sont exprimés contre une déclaration unilatérale d'indépendance et pour des élections régionales anticipées, selon une source du gouvernement catalan. Ces élections permettraient à tous les Catalans de s'exprimer et renouvelleraient un Parlement dominé par les indépendantistes.
Source : AFP

