Pierre Adrian lauréat du prix Roger Nimier
Le 55e prix Roger Nimier a été attribué au jeune romancier Pierre Adrian, 26 ans, pour Des âmes simples (Équateurs), récit de « vies minuscules » autour de la figure d'un prêtre dans une haute vallée des Pyrénées. Publié au début de l'année, Des âmes simples est le deuxième roman de Pierre Adrian récompensé l'an dernier par le prix des Deux Magots, et le prix François-Mauriac de l'Académie française pour La piste Pasolini, également publié aux Équateurs.
Récit sensible, Des âmes simples montre le quotidien de Pierre, un curé de campagne âgé de 75 ans de la vallée d'Aspe. Le vieux curé tente de faire partager l'Évangile et de soulager ceux qui souffrent. On croise Albert, un prêtre encore plus âgé que Pierre, Alain le vagabond, Olivier le révolté et d'autres, croyants ou non, aux vies rongées par la drogue, l'alcool ou simplement souffrant du mal de vivre. La miséricorde, terme un peu tombé en désuétude, est au cœur du roman de Pierre Adrian. « Je crois qu'il faut faire crédit aux hommes jusqu'au bout. Nul n'est à l'abri d'être sauvé », dit le vieux prêtre, lumière vacillante au milieu des ténèbres.
Créé en 1963, le prix Roger Nimier récompense un jeune auteur dont l'esprit s'inscrit dans la lignée de l'œuvre littéraire de Roger Nimier, chef de file du mouvement littéraire dit des « Hussards ». Il est doté de 5 000 euros et offert par Vincent Bolloré, mécène du prix.
Jean-Luc Coatalem, prix de la langue française
L'écrivain Jean-Luc Coatalem a reçu le prix de la langue française, un prix littéraire créé par la ville de Brive pour récompenser une personnalité dont « l'œuvre a contribué de façon importante à illustrer la qualité et la beauté de la langue française ». Jean-Luc Coatalem qui vient de publier Mes pas vont ailleurs (Stock), un livre en lice pour le Renaudot et le Femina, tous deux dans la catégorie essais, recevra son prix lors de l'inauguration de la 36e édition de la Foire du livre de Brive qui se déroulera du 10 au 12 novembre.
Mes pas vont ailleurs revient sur la figure de Victor Segalen, explorateur, médecin militaire, romancier et poète, auteur notamment de Stèles et des Immémoriaux, mort dans des circonstances mystérieuses en 1919 à l'âge de 41 ans. Durant sa courte vie, Segalen sillonna le monde, notamment la Polynésie et la Chine. Jean-Luc Coatalem, âgé de 58 ans, et Victor Segalen (1878-1919) ont beaucoup de points communs. Bretons natifs de Brest, issus tous deux d'une famille de militaires, les deux hommes ont bourlingué dans les mêmes lieux. Ces concordances, revendiquées par Jean-Luc Coatalem, donnent à sa biographie un air de liberté et de grande fraternité entre l'auteur et son sujet.
Le jury du prix de la langue française, présidé cette année par l'académicien canadien d'origine haïtienne Dany Laferrière, est composé d'académiciens français, d'académiciens Goncourt, d'écrivains et de journalistes. Il est doté de 10 000 euros.
Créée en 1981, la Foire du livre de Brive accueille chaque année plus de 300 auteurs, dont les récipiendaires des grands prix littéraires d'automne. La foire sera présidée cette année par l'écrivain Laurent Gaudé, prix Goncourt 2004 pour Les soleil des Scorta (Actes Sud). L'an dernier, le prix de la langue française avait été attribué à Philippe Forest, auteur notamment d'une monumentale biographie d'Aragon.
Margaret Atwood, prix Franz Kafka 2017
La romancière, poète et auteure d'essais critiques canadienne Margaret Atwood a reçu le prix international Franz Kafka 2017, qui récompense le « travail de toute sa vie ».
« Ce prix est tout à fait spécial pour moi car le premier essai indépendant que j'ai écrit portait sur Franz Kafka, dans les années 1950 », a confié la romancière de 77 ans à l'AFP. « J'ai lu, à cette époque-là, non seulement la biographie de Franz Kafka mais tout son œuvre et je m'en souviens très bien ».
Traduite dans une cinquantaine de langues, Margaret Atwood est l'auteure de 17 romans, de sept livres pour enfants et de près de deux douzaines de recueils de poésie.
Dans son roman le plus connu, La Servante écarlate (titre original : The Handmaid's Tale), elle décrit un futur apocalyptique d'une société dominée par une secte qui transforme les femmes fertiles en esclaves sexuelles. Cet ouvrage de science-fiction publié en 1985 a inspiré un film, un ballet, un opéra et une série télévisée. Parmi ses ouvrages les plus appréciés figurent aussi La Femme comestible (The Comble Woman, 1969), L''œil du chat (Cat's Eye, 1988), The Robber Bride (1993) et Le dernier homme (2003).
Source : AFP


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