Des ouvriers construisant, le 24 août dernier, de nouvelles maisons dans la colonie juive de Kiryat Arba, à l’est de la ville de Hébron, en Cisjordanie. Hazem Bader/AFP
Israël a décidé, hier, de faire avancer la construction d'un total de 1 292 logements en Cisjordanie occupée, dans une nouvelle poussée de la colonisation de la part du gouvernement de Benjamin Netanyahu. L'autorité israélienne faisant office de gouvernement en Cisjordanie a donné son approbation à ces plans, a indiqué l'organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant. La même autorité, appelée administration civile, doit se pencher sur d'autres dossiers aujourd'hui. En tout, c'est l'examen des dossiers de plus de 2 000 habitations qui est prévu, a dit La Paix maintenant.
L'administration civile avait déjà approuvé, lundi, la construction de 31 logements pour colons juifs à Hébron, une première depuis 2002 dans une ville de Cisjordanie où la coexistence de quelques centaines de juifs et de dizaines de milliers de Palestiniens est une source de tensions et de violences permanentes. La colonisation est illégale au regard du droit international et est considérée comme un obstacle majeur à un règlement du conflit entre Israéliens et Palestiniens, et à une solution dite à deux États, c'est-à-dire la création d'un État palestinien coexistant avec Israël.
Outre le plan pour Hébron, La Paix maintenant s'alarme en particulier du fait que certaines habitations avalisées hier sont appelées à être construites dans des colonies situées très à l'intérieur de la Cisjordanie, renforçant la présence israélienne jusqu'au cœur du territoire palestinien et compliquant encore un règlement négocié du conflit. Autre motif d'alarme pour La Paix maintenant : le projet de proposer 17 logements de substitution aux habitants de Netiv Haavot, une implantation illégale non seulement au regard du droit international, mais aussi du droit israélien, et voué à la démolition d'ici à mars 2018 par une décision de la justice israélienne.
Cette façon de procéder revient à cautionner les implantations sauvages de colons en territoire occupé, dénoncent les détracteurs de la colonisation. Confronté aux pressions des défenseurs de la colonisation et aux enquêtes de police le visant, le Premier ministre israélien « s'emploie à prouver son extrémisme, sans se soucier des conséquences d'une expansion massive de la colonisation sur l'avenir de la solution à deux États », a ajouté La Paix maintenant. Non seulement la colonisation juive rogne les terres sur lesquelles les Palestiniens aspirent à former un État indépendant, mais en fragmentant la continuité des territoires, elle menace de rendre impossible la création d'un tel État, disent ses détracteurs. Quelque 430 000 colons vivent en Cisjordanie aux côtés de 2,6 millions de Palestiniens.
En soirée, la présidence palestinienne a condamné ces nouvelles annonces. « Netanyahu défie la communauté internationale, à commencer par l'administration (américaine) du président Trump » au moment où celle-ci cherche les moyens de relancer l'entreprise de paix, a dit le porte-parole de la présidence, Nabil Abou Roudeina, cité par l'agence palestinienne Wafa.
Source : AFP

