Madrid contre Barcelone... autour d'un ballon : en pleine crise entre le gouvernement espagnol et la Catalogne, l'Atlético reçoit ce soir le Barça en championnat d'Espagne (LaLiga), duel symbolique opposant l'équipe historiquement liée à l'armée espagnole au club emblème de l'identité catalane. Dans le nouveau stade Metropolitano des Colchoneros, il sera difficile de faire abstraction des tensions politiques qui secouent l'Espagne. Malgré tout, l'affiche du week-end s'annonce alléchante entre le leader Barcelone (1er, 21 pts), auteur jusque-là d'un sans-faute, et le rugueux Atlético Madrid (4e, 15 pts).
Quel accueil le Barça recevra-t-il pour son premier match hors de Catalogne depuis le référendum d'autodétermination du 1er octobre ? Cette consultation interdite et contestée, émaillée de violences policières, a conduit à une déclaration d'indépendance, aussitôt suspendue, et précipité le pays dans sa pire crise politique depuis le retour de la démocratie en 1977. Favorable au « droit à décider » de la Catalogne, le FC Barcelone risque de cristalliser l'animosité des opposants à l'indépendance, même si son directeur général Oscar Grau se veut serein.
Ces derniers jours, le défenseur international espagnol Gerard Piqué a essuyé des salves de sifflets pour avoir participé au référendum, puis critiqué l'attitude de la police. Et il faudra voir comment le joueur catalan sera reçu au Metropolitano, où certains supporteurs ont l'habitude d'arborer fièrement des drapeaux espagnols. Il faut dire qu'une partie de l'identité des Colchoneros est liée à l'armée espagnole, puisque le club avait fusionné avec l'équipe de l'armée de l'air dans les années 1940, en pleine dictature franquiste, au point d'être rebaptisé un temps Atlético Aviacion.
Dans ce contexte, plusieurs voix ont appelé à ne pas mélanger football et politique ce soir. Les supporteurs sont priés d'arborer au stade les couleurs rojiblancas (rouge et blanc) du club, non celles de l'Espagne. « Profitons du football, juste du football. Ne transformons pas le Metropolitano en manifestation politique », a ainsi exhorté, jeudi, Josep Pedrerol, présentateur d'émissions de débats sportifs à forte audience en Espagne.
Sur le terrain, en tout cas, la rencontre promet beaucoup. Le Barça, solide leader d'un championnat d'Espagne qu'il entend continuer à disputer malgré la poussée indépendantiste, peut égaler aujourd'hui le meilleur démarrage de son histoire : 8 victoires lors des 8 premières journées, avec l'éphémère technicien argentin Gerardo « Tata » Martino, en 2013-2014. Pour cela, l'actuel entraîneur, Ernesto Valverde, devrait pouvoir compter sur son capitaine Andres Iniesta et sur sa star Lionel Messi. En grande forme, le quintuple Ballon d'or a expédié, mardi, l'Argentine au Mondial 2018 avec un triplé contre l'Équateur (3-1). Et il reste sur 14 buts en 11 rencontres officielles avec Barcelone cette saison, dont 11 en 7 matches de LaLiga.
Ce n'est pas à proprement parler le premier match du Barça au stade Metropolitano, pourtant inauguré en grande pompe à la mi-septembre : lors de la Supercoupe d'Espagne 1996 (2-5, 3-1), l'Atlético avait reçu l'équipe catalane au modeste stade de la Peineta, ancêtre de l'actuelle enceinte... Quoi qu'il en soit, l'Atlético espère enfin battre le Barça en LaLiga, ce qu'il n'a jamais réussi à faire depuis la nomination de l'entraîneur Diego Simeone en 2011. Il faudra pour cela un grand Antoine Griezmann, qui peine à démarrer sa saison : seulement 2 buts en LaLiga.
Zidane centenaire
Car derrière, le Real Madrid (5e, 14 pts) est menaçant : l'équipe de Zinédine Zidane peut se rapprocher de la tête cet après-midi, à Getafe, avec le retour de blessure de Karim Benzema. Ce sera un après-midi particulier pour Zidane : l'entraîneur français, nommé en janvier 2016, fête son 100e match officiel sur le banc du Real, avec un bilan spectaculaire jusqu'à présent – 7 trophées glanés et 74 victoires, 17 nuls et 8 défaites.
Source : AFP


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