Les Serbes ont accueilli avec colère l'acquittement hier à Sarajevo du chef de guerre bosniaque Naser Oric, jugé pour crimes de guerre lorsqu'il dirigeait la défense de l'enclave musulmane de Srebrenica. Naser Oric, 50 ans, et son frère d'armes Sabahudin Muhic, 49 ans, ont été déclarés innocents de l'assassinat de trois prisonniers serbes dans les environs de Srebrenica, pendant le conflit intercommunautaire qui a fait quelque 100 000 morts. Calme à l'énoncé du verdict de la Cour d'État de Bosnie, barbe grisonnante, il a été acclamé à la sortie par plusieurs dizaines de personnes. Il s'est engouffré dans un 4x4, lâchant juste : « Je n'ai rien à dire, le tribunal a dit ce qu'il avait à dire. » Pour les Bosniaques, Oric est le « héros » de Srebrenica, l'enclave de Bosnie orientale qui a tenu le siège imposé par les forces serbes jusqu'à la chute de juillet 1995. Mais pour les Serbes, qu'ils soient de Bosnie ou de Serbie voisine, Oric est un « assassin » qui a attaqué des villages serbes pour les vider de leurs habitants. Des associations de victimes estiment que 2 428 civils et militaires serbes ont été tués dans cette zone durant le conflit.
Moyen Orient et Monde - Justice
Crimes de guerre : colère serbe après l’acquittement de Naser Oric
OLJ / le 10 octobre 2017 à 00h00

