Emmanuel Macron est coutumier des phrases peu consensuelles et directes, plutôt inattendues dans la bouche d’un président. Et à droite comme à gauche, on fustige un « président des riches » coupé des classes les plus populaires. Ludovic Marin/AFP
« Au lieu de foutre le bordel... » : une nouvelle saillie du président français Emmanuel Macron, coutumier des propos polémiques, suscitait hier des réactions politiques outrées, brocardant « le mépris » de l'ancien banquier envers les moins nantis.
Lors d'un déplacement mercredi en Corrèze, M. Macron s'entretenait en aparté avec un responsable local qui évoquait les difficultés à recruter d'une entreprise. « Certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas », a répondu M. Macron, sans préciser à qui s'adressaient ses propos. Mais peu auparavant, la visite présidentielle avait été perturbée par un rassemblement d'environ 150 salariés et ex-employés licenciés d'un équipementier automobile, qui se sont heurtés aux forces de l'ordre.
La sortie du président a immédiatement suscité une pluie de critiques. À droite comme à gauche, on a fustigé un « président des riches » coupé des classes les plus populaires, alors même que M. Macron tente de se montrer proche des préoccupations sociales. L'entourage de M. Macron a indiqué, hier, que le président « assume sur le fond », tout en reconnaissant qu'il n'aurait pas utilisé le mot « bordel », un « mot familier », dans le cadre d'un discours officiel.
Ce n'est pas la première fois que M. Macron provoque ce genre de remous avec des phrases peu consensuelles et directes, plutôt inattendues dans la bouche d'un président. À chaque fois, ses propos ont déclenché des vagues de protestations.
Source : AFP

