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Liban - Communautés

Raï : Le Liban ne saurait être gouverné par un seul camp

Le patriarche maronite avec les trois évêques maronite, grec-catholique et grec-orthodoxe de Zahlé. ANI

Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a effectué le week-end dernier une visite pastorale de deux jours à Zahlé, au cours de laquelle il a rencontré les deux autres évêques (grec-orthodoxe et grec-catholique) d'une ville modèle de rencontre œcuménique, les principales figures politiques de la ville et ses édiles, et visité huit paroisses et sept écoles catholiques. Deux grands-messes ont ponctué cette visite-marathon dans une ville pavoisée de banderoles et de drapeaux : samedi dans l'église Saint-Antoine-le-Grand, dimanche en la cathédrale Saint-Maron, au siège de l'évêché.
La visite pastorale a permis au patriarche d'affirmer ou de réaffirmer certaines de ses prises de position sur des questions d'actualité : l'identité nationale, les déplacés et les écoles catholiques.
« Nous vivons, au plan national, une crise identitaire, a notamment affirmé et répété en diverses occasions le patriarche maronite. Mais nous ne permettrons pas qu'elle s'éternise, alors que nous sommes présents sur les côtes du Liban, où se sont formées les premières communautés chrétiennes témoins de l'Évangile, il y a 2 000 ans (...). Nos martyrs ont donné leur vie pour que le Liban soit préservé. Il nous faut être dignes de ce sang précieux, et vivre notre identité libanaise authentique. »
Le cardinal Raï a notamment rendu hommage « aux martyrs tombés pour défendre Zahlé et le Liban » (dans les combats contre l'armée syrienne, durant la guerre civile).

Unité dans la diversité
Par ailleurs, le patriarche maronite a eu l'occasion d'évoquer cette qualité propre à Zahlé qui est d'incarner « ce modèle de l'unité dans la diversité sur lequel reposent la culture libanaise et le système politique ».
« Le Liban ne saurait être monochrome sur le plan religieux, a-t-il affirmé, ni abriter un système de parti unique, ni être le pays de l'uniformité de l'opinion. Il ne peut être gouverné par un seul camp, parti ou communauté religieuse ; il ne peut tolérer l'exclusion et la marginalisation de quelque camp que ce soit. »
« Ces caractéristiques du Liban, a poursuivi le patriarche, sont à la base du régime démocratique prévu par la Constitution, et à la base du vivre-ensemble entre chrétiens et musulmans, sur base de l'égalité civique, de la parité et de l'équilibre sur le plan des institutions et de l'administration ; à la base de toutes les libertés publiques, il y a le dialogue national qui place l'intérêt du Liban au-dessus de tout. »
Et de conclure sur ce point en affirmant : « C'est d'ailleurs ce qui qualifie le Liban pour devenir un centre international de dialogue entre les religions, les cultures et les civilisations, comme le prévoit un projet présenté par le chef de l'État à l'Assemblée générale de l'ONU. »

Trois conditions
« Les trois conditions à réunir pour que ce projet se matérialise sont donc les suivantes : vivre nous-mêmes, sur le plan interne, la culture du dialogue dans toutes ses dimensions ; préserver la neutralité du Liban par rapport à tous les conflits régionaux et internationaux ; nous engager au service de toutes les causes de justice, de paix et de droits de l'homme. »
En ce qui concerne les déplacés syriens, le patriarche s'est solidarisé avec le président de la municipalité de Zahlé, Assaad Zgheib, qui déplorait devant lui la concurrence syrienne sur le marché de l'emploi. « Nous ne pouvons pousser notre peuple à l'exode parce que nous faisons du bien à nos frères », a affirmé le patriarche.
Et d'enchaîner : « Nous ne pouvons attendre que les États soient prêts à régler ce problème. Ces États, en réalité, ne songent qu'à leurs propres projets politiques. Il faut que, solidaires, nous agissions pour faciliter leur retour dans leurs foyers (...). En dehors de leur poids économique, les déplacés syriens présentent un risque sécuritaire et un facteur supplémentaire de criminalité. »
« Les organismes et institutions internationales ne peuvent pas directement intervenir auprès des déplacés, a repris le patriarche. Ils doivent passer par les municipalités. Nous en parlerons en haut lieu. Notre peuple a besoin d'être rassuré, psychologiquement, et de sentir qu'une autorité publique fait cas de son intérêt (...) et les municipalités peuvent faire beaucoup à cet égard. »

Utilité publique
Les écoles privées sont d'utilité publique. C'est par ce raccourci significatif que le patriarche a évoqué en public la question de la majoration des scolarités due à l'adoption d'une nouvelle échelle des salaires des enseignants.
Tout en jugeant « regrettable » que « tant de mal soit dit des écoles privées catholiques », le patriarche a réaffirmé : « Les écoles publiques en général et les écoles catholiques en particulier sont d'utilité publique. L'État doit en assumer la responsabilité et les appuyer financièrement sans délai, en assumant financièrement la majoration de leurs frais de fonctionnement. Cela soulagera les parents, tout en protégeant leur droit constitutionnel d'inscrire leurs enfants dans l'école de leur choix, en en préservant le niveau. »

Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a effectué le week-end dernier une visite pastorale de deux jours à Zahlé, au cours de laquelle il a rencontré les deux autres évêques (grec-orthodoxe et grec-catholique) d'une ville modèle de rencontre œcuménique, les principales figures politiques de la ville et ses édiles, et visité huit paroisses et sept écoles catholiques. Deux grands-messes ont ponctué cette visite-marathon dans une ville pavoisée de banderoles et de drapeaux : samedi dans l'église Saint-Antoine-le-Grand, dimanche en la cathédrale Saint-Maron, au siège de l'évêché.La visite pastorale a permis au patriarche d'affirmer ou de réaffirmer certaines de ses prises de position sur des questions d'actualité : l'identité nationale, les déplacés et les écoles catholiques.« Nous vivons, au plan...
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