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Moyen Orient et Monde - Catalogne / Référendum

Les étudiants dans la rue à Barcelone, appels au civisme

Une réunion surréaliste de « coordination en termes de sécurité » s’est tenue, hier, à la mi-journée, entre des représentants des gouvernements madrilène et catalan. Elle s’est conclue sur un dialogue de sourds. Lluis Gene/AFP

Au moins 10 000 lycéens et étudiants en grève ont manifesté, hier, dans le centre de Barcelone pour défendre le référendum d'autodétermination que les dirigeants séparatistes de la Catalogne veulent organiser dimanche, en dépit de son interdiction. Les jeunes se sont donné rendez-vous devant l'Université de Barcelone, un bâtiment historique du centre de la ville de Gaudi, alors que la tension s'exacerbe entre Madrid et les autorités régionales. « Nous voterons ! Indépendance ! » ont scandé les manifestants.
L'Espagne, historiquement exposée à l'indépendantisme d'une partie de la société au Pays basque, vit depuis le début du mois de septembre sa pire crise politique depuis presque 40 ans, selon l'avis de tous ses dirigeants. Le 6 septembre, le Parlement catalan a adopté une loi pour organiser ce référendum malgré son interdiction par la Cour constitutionnelle, arguant du fait que les indépendantistes le réclament depuis 2012.
Le gouvernement régional catalan, dirigé par Carles Puigdemont, va de l'avant, en dépit des nombreux avertissements des autorités. Depuis des semaines, il joue au chat et à la souris avec les autorités madrilènes pour cacher les urnes, les bulletins ou encore ouvrir des sites internet où les électeurs peuvent consulter l'adresse de leur bureau de vote. Les autorités centrales ont de leur côté multiplié les perquisitions et les menaces de sanctions.
Les dirigeants catalans « insultent l'État de droit », s'est plaint hier Inès Arrimadas, la dirigeante de Ciutadans, principal parti d'opposition aux indépendantistes. Même si la région est divisée sur l'indépendance, une majorité d'habitants de Catalogne souhaite un référendum légal. À l'instar de Gerard Piqué, défenseur du club de football FC Barcelone, qui a appelé à s'exprimer « pacifiquement ». « Ne leur donnons aucune excuse. C'est ce qu'ils veulent. Et chantons haut et fort. Nous voterons », a-t-il tweeté.
Mais le gouvernement espagnol, du conservateur Mariano Rajoy, et la justice sont décidés à l'interdire, quitte à faire bloquer l'accès aux bureaux de vote par les forces de l'ordre, déployées massivement dans la région, avec plus de 10 000 policiers et gardes civils en renfort.

La « majorité silencieuse »
Dénonçant « la très grave irresponsabilité de Carles Puigdemont », le ministre espagnol de la Justice, Rafael Catala, a une fois de plus demandé aux séparatistes « d'arrêter ce processus ». « Il n'y aura pas de référendum dimanche », a également déclaré le porte-parole du gouvernement de Madrid, Iñigo Méndez de Vigo. Une réunion surréaliste de « coordination en termes de sécurité » s'est tenue hier, à la mi-journée, entre des représentants des gouvernements central et régional, et conclue sur un dialogue de sourds. Le secrétaire d'État à la Sécurité, José Antonio Nieto, qui y participait, a expliqué ensuite qu'il avait réitéré que le scrutin ne pouvait se tenir, et espéré « que la cohabitation (entre Catalans) ne soit pas altérée, de même que l'État de droit ».
Sur ce point, Joaquin Forn, chargé des affaires intérieures au sein de l'exécutif catalan, a abondé : « Ce qui compte le plus, c'est que le vivre-ensemble soit préservé. » « Mais il est évident que nous n'arrêterons pas la convocation du référendum », a-t-il ajouté, précisant que les dirigeants de la police régionale, tenue de respecter les ordres de la hiérarchie, « se casseraient la tête pour trouver une solution ».
« La majorité des jeunes est indépendantiste, et si elle ne l'est pas, elle l'est devenue après avoir vu ce qu'a fait l'Espagne ces dernières semaines », déclarait de son côté une jeune manifestante, Aina Gonzalez (16 ans), en évoquant les perquisitions et arrestations des dernières semaines. Dans le camp des opposants au référendum, la société civile catalane a de son côté appelé au « bon sens teinté de sagesse » très catalan, le « seny ». Son vice-président, Alex Ramos, a annoncé que la « majorité silencieuse » des Catalans qui refusent ce scrutin ne manifestera pas, pour éviter d'accroître la tension.
Enfin, pour sa part, Reporters sans frontières a dénoncé les pressions sur les journalistes dans les deux camps.
Source : AFP

Au moins 10 000 lycéens et étudiants en grève ont manifesté, hier, dans le centre de Barcelone pour défendre le référendum d'autodétermination que les dirigeants séparatistes de la Catalogne veulent organiser dimanche, en dépit de son interdiction. Les jeunes se sont donné rendez-vous devant l'Université de Barcelone, un bâtiment historique du centre de la ville de Gaudi, alors que la tension s'exacerbe entre Madrid et les autorités régionales. « Nous voterons ! Indépendance ! » ont scandé les manifestants.L'Espagne, historiquement exposée à l'indépendantisme d'une partie de la société au Pays basque, vit depuis le début du mois de septembre sa pire crise politique depuis presque 40 ans, selon l'avis de tous ses dirigeants. Le 6 septembre, le Parlement catalan a adopté une loi pour organiser ce référendum...
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