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La Dernière

Une joie, un plaisir que ce Beyrouth d’expositions

Quelqu’un m’a dit
26/09/2017

Non moins de 8 500 visiteurs en une soirée
Après les festivals de l'été, le Beirut Art Fair (BAF), créé en 2010 par Laure d'Hauteville et piloté par Pascal Odille, apparaît dans le paysage culturel comme un important salon du marché de l'art. Avec 51 galeries de 23 pays représentant 230 artistes, la foire de l'automne ainsi que d'autres événements artistiques indépendants du BAF ont fait régner dans la capitale une formidable animation. Des milliers de visiteurs se sont déplacés, allant d'une manifestation à une autre.
Le plus gros pic de fréquentation a été enregistré le soir de l'inauguration de Beirut Art Fair 2017 (BAF) : 8 500 visiteurs, selon les organisateurs. Étant donné les bouchons menant au BIEL, de nombreuses personnes ont dû se garer plus loin et marcher deux à trois kilomètres. Ce n'est pas nouveau ; les embouteillages, comme on le sait, sont le principal handicap de notre ville.

Le Point fort
La foire a été marquée par l'exposition Ourouba (arabité) présentée par l'expert en art moderne et contemporain, Rose Issa, qui a transformé 400 m2 du BIEL en un petit musée temporaire. Curatrice de nombreuses expositions au Victoria & Albet Museum, à Leighton House, à la Tate Britain, au musée national d'art oriental à Moscou, à l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, au Tropenmuseum d'Amsterdam et autres, la dame a concocté un accrochage qui illustre la forte créativité des artistes libanais et arabes engagés, dont les travaux explorent les réalités du pays et de la région. L'événement a fait corps avec la publication d'un bel ouvrage (88 pages), illustrant les œuvres exposées et préfacé par Georges Corm. Le produit s'est vendu comme des petits pains. Il y a de quoi ! Une fois les expositions démontées, seuls les visuels photographiques restent. D'où l'importance du stand Macam de César Nammour et de sa partenaire Gabriela Schaub, qui proposait des monographies de différents artistes contemporains libanais, en hommage à l'art et à notre patrimoine artistique.

L'agent perturbateur
Beirut Art Street. Qui peut fouiller à part les agents de sécurité ? Dans le hall de l'hôtel Le Gray, un policier a bluffé les dames, qui croyaient qu'il était là pour vérifier leur sac. En fait, c'était une sculpture hyperréaliste signée par l'Américain Marc Sijan et prêtée par Opéra Gallery ! Une œuvre à l'échelle humaine (1,77 m) et aux détails fascinants, qui la rendent encore plus impressionnante.

Anastasia, Marie et Souraya
Le Beirut Design Fair est le petit frère du BAF. Mais il a tout d'un grand. Organisé à l'initiative de Guillaume Taslé d'Héliand, de Hala Moubarak et du PDG de Credit Bank Tarek Khalifé, il a regroupé une quarantaine de créateurs de meubles, de luminaires et d'objets, sélectionnés par une dream team et pas des moindres : la Libano-Suisse Aline Asmar d'Amman, directrice artistique de la rénovation du Crillon, à Paris ; la célèbre designer et architecte d'intérieur India Mahdavi, dont le style cosmopolite et glamour illumine les intérieurs de Paris à Los Angeles ; Marc Baroud, fondateur et directeur de la section design à l'ALBA ; Marianne Brabant (musée des arts décoratifs, Paris), et Mathias Ohrel (fondateur de m-O conseil, cabinet de recrutement pour les sociétés à fort contenu créatif). Samedi soir, les cinq experts ont attribué le Beirut Design Award à Anastasia Nysten, Finlandaise de mère libanaise.
Quant à Marie Munier, elle nage dans le bonheur. La joaillière, qui depuis quelques années conçoit des luminaires comme des sculptures, a vu défiler chez elle Alain Aoun, Zeina Karam, Mimi Attieh, Béa Abdelnour, Danielle de Picciotto, Nabil Dada et encore et encore. Ses ventes montent en flèche !
La céramiste Souraya Haddad a eu un geste des plus inattendus et généreux : ne résistant pas au regard admiratif d'une dame qui lui avoue que les objets ne sont pas à la portée de sa bourse, elle lui fait livrer une de ses œuvres. Comment, par qui a-t-elle su de qui il s'agissait ? Toujours est-il que la gratuité du geste était aussi belle que la poterie offerte.

L'ex-nid de snipers et dîner de May et de Raya
La semaine a débuté avec Sacred catastrophe : Healing Lebanon, à Beit Beirut, ex-nid de snipers à Sodeco, devenu lieu de mémoire. Autour de l'artiste Zena el-Khalil, de la curatrice Janine Maamari et de Rania Halawi mobilisée pour cet événement, c'était un ballet de visiteurs. On a croisé Nayla Moawad, Rania Tabbara, Andrée Riachi, Walid Mouzannar, Elham Raphaël, Mouna Sehnaoui, Tania Arab, Randa Aramnazi, Nada Zeineh, l'architecte des lieux Youssef Haïdar, Vasso Salam, Mona Hallak et d'autres encore. Le soir même, Maya Maamarbachi et sa fille Raya (alias Artscoops dédié à la promotion de la création arabe et sa vente en ligne) offraient un dîner au musée Sursock, regroupant une cinquantaine d'artistes, de collectionneurs et de socialites. Présents, notamment, Safa et l'ancien ministre Nasser Saïdi, Nora Joumblatt, Farouk et Zena Abillama, Mazen et Loulia Soueid, Gabriel Rizcallah, Nayla Bassili, Aline Fattal, Robert Michaelian, Oussama et Christina Salam, Nadim et Maya Kettaneh, Fadia Antar (qui tient la collection de Ramzi Dalloul), Rose Issa accompagnée du banquier et collectionneur indo-kenyan-zurichois Jamal Moez, en visite au Liban avec sa famille. Présents, également, les artistes Oussama Baalbaki et Abdulrahman Katanani. Le lendemain, un bon nombre de ces convives se sont retrouvés à Zaytouna Bay pour la vente aux enchères organisée par Artscoops.

Otero contre-attaque
Jorge Otero, l'artiste cubain qui a fait la couverture du catalogue d'Art Basel à Miami, en vacances en bord de mer, mojito et salsa, jusqu'au bout de la nuit ? Non. Il était confiné chez lui dans une ambiance de fin du monde après le passage du cyclone Irma, qui a dévasté son atelier. Il n'a donc pas livré l'installation prévue à l'exposition de Beirut Arts Club (alias Michel Daher-South Border, Nabil et Zoé Debs). Otero a quand même bourlingué pour arriver à Beyrouth, où il a passé cinq journées intenses à travailler à la création d'une œuvre qui a été accrochée au BAF. Sueurs froides aussi pour l'architecte Michel Abboud, dont les toiles n'étaient pas à bord de l'avion quand il a débarqué de New York. Il n'a pu les récupérer qu'une petite heure avant l'inauguration.

Beirut Caoutchouc !
Pour le lancement de son ouvrage Metropolis, publié par Kaph Books, maison spécialisée dans les beaux-arts et dirigée par Noor Salamé, Marwan Rechmaoui a pu récupérer de la banque Saradar son Beirut Caoutchouc qu'il a étalé dans la cour du musée Sursock. Cette grande carte de la ville, réalisée en latex par l'artiste, a été éditée en cinq exemplaires. Trois font partie, respectivement, de la collection permanente du Centre Pompidou, de la Tate et de la banque Saradar. Et, dans la foule ce soir-là, Nada Salamé, Solange Hermes, Rushi Sarkis, Leila Machnouk, Dana Mikati, Sami et Marie-Noëlle Rabbath, Karim Yared, Sarah Ghandour, Omar Daouk, Nancy Gabriel, Joelle Kurban, Hoda Baroudi, Jean-Marc Nahas, Saleh Barakat, Riad Obegi, Ahmad et Rana el-Tukait, Chérine Tayeb, Caroline Tabourian, Bassel Dalloul, Rania Abillama, Youssef Tannous, Nada Khoury, Robert Wehbé, Amal Berry se sont amusés à retrouver leur quartier dans le fouillis des tracés, tandis qu'une queue se formait devant la boutique où l'on s'est arraché le livre de Rechmaoui. On se demande s'il n'y a pas eu rupture de stock.

ditavonbliss@hotmail.com

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