X

Moyen Orient et Monde

Barzani tient au référendum malgré les pressions

Kurdistan irakien

L'Iran, la Turquie et l'Irak exhortent le dirigeant kurde à annuler la tenue de la consultation populaire.

OLJ
23/09/2017

Le président du Kurdistan irakien Massoud Barzani a martelé hier son intention de tenir lundi son référendum d'indépendance, mais les négociations se poursuivent pour tenter de le faire changer d'avis. Alors que le dirigeant kurde multiplie les meetings populaires dans les principales villes de la région autonome et dans la province disputée de Kirkouk, les pressions et menaces internationales s'intensifient pour annuler cette consultation qui pourrait entraîner des troubles dans le pays.
« Maintenant, le référendum n'est plus entre mes mains ni entre celles des partis (politiques), il est entre les vôtres », a-t-il lancé lors de son dernier meeting devant des milliers de personnes réunies au stade de football d'Erbil. « Nous sommes prêts à un dialogue sérieux (...) avec Bagdad, mais après le 25 septembre, parce que maintenant, c'est trop tard », a-t-il ajouté.
Cependant, les pressions et les négociations se poursuivent pour le faire changer d'avis, ont indiqué des responsables proches des discussions. « Rien n'est bouclé, on continue à discuter pour essayer de lui offrir des garanties sérieuses qui le fassent changer d'avis », a dit l'un d'eux sous le couvert de l'anonymat.
Selon les autorités kurdes, une victoire du « oui » n'entraînera pas illico l'annonce de l'indépendance mais constituera un moyen de pression pour arracher au pouvoir central de Bagdad des concessions sur les contentieux liés au pétrole et aux finances. En 2014, en raison d'un conflit sur les exportations de pétrole, Bagdad avait décidé de ne plus verser à la région kurde les 17 % du budget national, soit 12 milliards de dollars. Les conséquences se sont fait immédiatement sentir, puisque ce transfert représentait 80 % des recettes du budget de la région et les salaires, y compris ceux des combattants kurdes peshmergas, ont été écornés.

« Potentiellement déstabilisateur »
Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé jeudi « sa préoccupation face à l'impact potentiellement déstabilisateur du projet du gouvernement régional du Kurdistan de tenir de manière unilatérale un référendum ».
Le Premier ministre irakien Haïdar el-Abadi a quant à lui affirmé mardi rejeter toute forme de référendum « aujourd'hui ou dans le futur, qu'il se tienne dans la région du Kurdistan dans les frontières de 2003 ou dans les zones disputées ». Les régions disputées sont des zones qui sont constitutionnellement sous l'autorité de Bagdad et que le Kurdistan revendique, comme la région pétrolière de Kirkouk.
Les pressions internationales se poursuivent aussi. Le Conseil de sécurité nationale turc a exhorté hier l'administration du Kurdistan irakien « à renoncer (au référendum) tant qu'il est encore temps », le qualifiant d'« illégitime et inacceptable ».
Selon une source kurde haut placée, le chef d'une unité d'élite des gardiens de la révolution iraniens, le général Qassem Soleimani, s'est rendu une nouvelle fois au Kurdistan afin « d'avertir les responsables kurdes que l'Iran est sérieusement hostile (au référendum) et de les mettre en garde pour qu'ils y renoncent ». « Il a informé ses interlocuteurs que l'Iran faisait pression sur Bagdad pour qu'il accepte les demandes kurdes et règle le contentieux sur le budget, le salaire des peshmergas et les régions disputées », a-t-elle ajouté. Le général Soleimani a ainsi rencontré hier à Erbil Massoud Barzani ainsi que le Premier ministre du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani, selon cette source.

« Guerre civile »
Officiellement, Massoud Barzani refuse toujours de changer de position. Il a rejeté jeudi « l'initiative » du président irakien, le Kurde Fouad Maassoum, qui proposait, dans un document consulté par l'AFP, l'ouverture de « négociations sans préconditions » appuyées par l'ONU. Il suggérait la création d'un haut comité présidé par le chef de l'État comprenant les Premiers ministres d'Irak et du Kurdistan ainsi que le président du Parlement irakien.
Les craintes que ce référendum ne déclenche des troubles dans le pays déjà miné par sa guerre contre le groupe État islamique sont importantes. La semaine passée, Hadi el-Ameri, chef de l'organisation Badr, un puissant groupe paramilitaire chiite soutenu par Téhéran, avait mis en garde contre le risque d'une « guerre civile ».
Malgré cette crise, les forces gouvernementales irakiennes sont parvenues hier à s'emparer entièrement d'el-Charqat, une localité au nord de Bagdad tenue par l'EI. Cette localité se trouve à 30 km au nord-ouest du principal objectif des forces irakiennes dans le nord du pays : Hawija, une localité tombée aux mains des jihadistes en juin 2014.

Source : AFP

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Le commandant en chef de l’armée et l’agenda politique

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants