Un combattant des FDS portant un drapeau de ces milices, dans la province de Hassaké, le 9 septembre 2017. Rodi Said/Reuters
Les forces irakiennes appuyées par des unités paramilitaires se préparaient lundi à lancer l'assaut contre le dernier bastion du groupe État islamique dans le désert occidental frontalier de la Syrie, a constaté un correspondant de l'AFP.
Des blindés avançaient dans une plaine rocailleuse traversée par une ligne d'asphalte, tandis que des artilleurs à bord de leurs pick-up armés de mitrailleuses étaient postés derrière des remblais poussiéreux, surmontés de sacs de sable. Ils se trouvent désormais à quelques kilomètres d'Anna, l'une des trois localités toujours aux mains des jihadistes, à une centaine de kilomètres de la frontière syrienne dans l'immense et désertique province occidentale d'al-Anbar. Après la reprise d'Anna, puis de Rawa, l'objectif des troupes irakiennes sera Qaïm, dernière localité avant la frontière et la province syrienne de Deir ez-Zor. L'EI y est également sous le feu des forces du régime de Bachar el-Assad ainsi que d'une coalition arabo-kurde soutenue par les États-Unis. « L'objectif est de ramener la totalité de la province d'al-Anbar dans le giron de la nation », a affirmé le lieutenant général Rachid Flaih, à la tête des unités paramilitaires d'al-Anbar. Des opérations ont déjà été menées et « de nombreux jihadistes ont été tués », a indiqué le général Abed Jabbour Mathloum, numéro deux des opérations dans la zone.
La bataille pour la reconquête de ces trois localités, où se trouvent, selon un général irakien, « plus de 1 500 jihadistes », pourrait intervenir en même temps ou après l'assaut sur l'autre bastion jihadiste d'Irak, Hawija et ses environs (300 km au nord de Bagdad). L'Irak a infligé un rude coup à l'EI en le chassant début juillet de Mossoul (Nord), trois ans après la prise de cette deuxième ville du pays par les jihadistes.
Dans ce contexte, un attentat à la moto piégée dans la ville à majorité kurde de Qamichli, dans le Nord-Est de la Syrie, a tué hier un enfant et blessé sept passants, la police locale accusant une milice prorégime d'en être l'auteure.
Groupe de contact
Sur le plan diplomatique, la France a mis en garde hier sur une « dislocation » de la Syrie et annoncé une réunion des cinq membres permanents du Conseil de sécurité cette semaine à New York afin de tenter de créer « un groupe de contact » pour relancer une solution politique. « Le risque le plus important est que l'avenir de la Syrie soit déterminé par les positions militaires des uns et des autres », a déclaré le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, mettant en garde contre « une fragmentation » du pays et le risque terroriste. « Il faut dès à présent engager un processus politique, pour cela il faut sortir des chemins qui n'ont pas permis depuis 2011 d'aboutir à une solution », a insisté M. Le Drian lors d'un point de presse en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU. « C'est pour cette raison que la France souhaite la mise en œuvre d'un groupe de contact avec pour socle les membres permanents du Conseil de sécurité, et associant les principaux acteurs du conflit », a-t-il poursuivi. Il a précisé que la création de ce groupe serait discutée lors d'une réunion ministérielle du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France) jeudi à New York.
Annoncé depuis le mois de juillet par le président français Emmanuel Macron, ce « groupe de contact » peine à se concrétiser, en raison du peu d'appétence des États-Unis pour une solution politique en Syrie, et de leur hostilité à parler avec l'Iran, selon des sources diplomatiques. Plusieurs groupes de différents formats ont été créés depuis le début du sanglant conflit syrien en 2011. Le dernier, le Groupe de soutien international à la Syrie (GISS), avait été monté en 2015 et a permis l'adoption d'une feuille de route internationale pour amorcer un règlement politique. Coprésidé par les États-Unis et la Russie, le GISS réunissait tous les acteurs impliqués dans le conflit, mais il a périclité après la reprise fin 2016 par le régime de la ville d'Alep, qui a marqué un tournant dans la guerre en faveur de Damas et de ses soutiens. Les négociations politiques entre gouvernement syrien et opposition engagées depuis 2016 à Genève sous l'égide de l'ONU n'ont par ailleurs permis aucune avancée. Les principaux acteurs du conflit, la Russie, l'Iran et la Turquie (qui soutient l'opposition), ont lancé de leur côté un processus de négociations à Astana (Kazakhstan), qui a abouti à une nette baisse de la violence sur le terrain mais n'ont pas abordé les principaux obstacles politiques, dont le sort du président syrien Bachar el-Assad.
Source : AFP


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