Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) à Raqqa, le 15 septembre. Rodi Saïd/Reuters
Les Forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis ont accusé ce week-end l'aviation russe de les avoir bombardées dans l'est de la Syrie. C'est la première fois que les FDS, une alliance de combattants kurdes et arabes, disent avoir été la cible de raids aériens de la Russie, alliée du régime syrien.
« Nos forces ont été la cible d'une attaque de l'armée de l'air russe et du régime dans la zone industrielle » au nord-est de la ville de Deir ez-Zor, ont indiqué samedi les FDS dans un communiqué. « Six combattants ont été blessés. » « Ce n'est pas possible. Pourquoi les bombarderions-nous ? » a affirmé le porte-parole de l'armée russe, Igor Konashenkov, sur la base militaire russe de Hmeimim. La coalition internationale a toutefois assuré dans un communiqué que « des forces russes (avaient) frappé une cible à l'est de l'Euphrate, en Syrie, près de Deir ez-Zor, blessant des forces partenaires de la coalition ». « Les munitions russes ont touché un lieu dont les Russes savaient qu'elles comprenaient des Forces démocratiques syriennes et des conseillers de la coalition. Plusieurs combattants des FDS ont été blessés et soignés après la frappe », a indiqué la coalition, qui a précisé qu'aucun de ses conseillers militaires n'avait été blessé. Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a téléphoné samedi à son homologue russe Sergueï Lavrov pour discuter de la situation en Syrie et de la façon dont la lutte « antiterroriste » se déroulait sur le terrain, a annoncé hier le ministère russe des Affaires étrangères. Le communiqué russe ne dit pas si le secrétaire d'État et le ministre russe des Affaires étrangères ont discuté de l'accusation des FDS ni comment Moscou y a éventuellement répondu.
Grandes victoires
Dans l'Est syrien, deux offensives distinctes sont actuellement en cours pour chasser le groupe jihadiste de l'État islamique de Deir ez-Zor, la dernière province qu'il contrôle majoritairement dans ce pays. Les forces prorégime soutenues par les Russes se concentrent sur la ville même, dans l'ouest de la province, alors que les FDS appuyées par l'aviation de la coalition internationale progressent dans l'est de la province.
Les FDS, qui mènent également une offensive pour déloger l'EI de son bastion de Raqqa, ont accusé « certaines parties » de tenter d'entraver leur avancée au moment où elles « remportent de grandes victoires contre l'EI ». En annonçant son offensive contre l'EI dans la province de Deir ez-Zor, cette alliance avait assuré qu'il n'y avait aucune coordination avec les forces du régime. Mais la coalition internationale a déjà dit qu'il existe dans la zone une « ligne de déconfliction », censée éviter les incidents dans un ciel encombré d'avions de la coalition, du régime et russes. Cette ligne « avec la Russie est ouverte 24 heures sur 24 », a rappelé samedi un commandant de la coalition, le général américain Paul Funk, dans le communiqué. « Nous faisons tout notre possible pour éviter une escalade inutile entre les forces qui combattent notre ennemi commun », l'EI.
De son côté, l'armée syrienne et ses alliés se sont emparés hier d'al-Jafra, une banlieue de la ville de Deir ez-Zor, resserrant l'étau autour de l'EI, apprend-on de source militaire. Après la prise de contrôle d'al-Jafra, l'armée syrienne a réussi à couper la principale ligne d'approvisionnement de l'EI dans la ville, selon l'agence de presse russe RIA. Jafra est située sur la rive ouest de l'Euphrate. Les combattants de l'EI ne peuvent s'échapper qu'en traversant le fleuve vers l'est, souligne-t-on. « Ils n'ont pas d'autre sortie à part traverser l'Euphrate vers la rive est et fuir vers le désert ou vers al-Boukamal et Mayadin », commente-t-on. Mayadin et Boukamal se situent au sud-est de Deir ez-Zor en aval de l'Euphrate, en direction de l'Irak. Boukamal, situé à la frontière irakienne, fait face à al-Kaïm en Irak, elle aussi tenue par l'EI. L'OSDH a précisé que l'armée syrienne et ses alliés ont pris al-jafra mais aussi d'autres villages près de la base aérienne de la ville dans la nuit de samedi à dimanche.
Sources : agences


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine