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Culture

Onslaught prend d’assaut le Saint-Georges

Concert

Le groupe de thrash metal britannique a réussi sa première sur la scène libanaise, après une tentative avortée en juin.

11/09/2017

Le samedi 9 septembre est à marquer d'une pierre blanche par les « métalleux » libanais. Ils étaient plus de 250 à s'être déplacés à l'hôtel Saint-Georges, à Beyrouth, pour assister au premier concert au pays du Cèdre du groupe de thrash metal britannique Onslaught, un événement organisé à l'initiative du collectif local Skull Session.

Fondé il y a 35 ans par le guitariste Nige Rockett, le quintet originaire de Bristol a livré une prestation haute en couleur qui a happé, puis enflammé un public majoritairement composé de jeunes Libanais de plusieurs régions du pays, venus découvrir le groupe. Bien épaulés par le talent de l'ingénieur du son américain Douglas Hall, qui a notamment tourné avec Iron Maiden (de 1980 à 2012) ou encore Deep Purple (de 2003 à 2007), Onslaught a littéralement fait trembler la terrasse de l'hôtel avec des rafales sonores dont seuls les pionniers de ce sous-genre issu du heavy metal, né dans les années 80, ont le secret.

 

Une bonne « revanche »
De l'endiablé Burn, en passant par le mythique Destroyers of Worlds, les comparses de Nige, tous des vieux de la vieille à l'exception du jeune guitariste Iain « GT » Davies, né en 1990, ont fait honneur à leur propre légende sur une grosse dizaine de morceaux. Avant eux, les trois groupes locaux programmés en première partie – Blaakyum, Damage rite et Slaves to Sirens – avaient déjà bien chauffé le public avec des prestations très abouties.

« La foule était absolument géniale. C'est une journée mémorable », a lâché à L'Orient-Le Jour le vocaliste Sy Keeler, encore en nage quelques secondes après la fin du dernier rappel. « C'est l'interaction entre le public et les musiciens qui fait le succès d'un concert dans le metal. Si le groupe ne joue pas le public, ça ne fonctionne pas », explique de son côté le bassiste Jeff Williams, un constat partagé par le batteur Michael Hourihan. « Ce concert a bien sûr une saveur particulière. C'est une bonne revanche, suite à l'annulation de la première date que nous avions programmée au début de l'été », affirme pour sa part Nige Rockett, sans dissimuler sa joie.

Onslaught devait en effet se produire début juin, au Station Beirut, une autre salle de spectacle de la capitale. Mais le concert a finalement été annulé à la dernière minute par une décision du gouvernorat de Beyrouth, qui a notamment jugé que le lieu du concert n'était pas adapté à ce type de manifestation. « C'était notre première visite au Liban. Nous avons passé trois superbes journées à découvrir le pays avant d'apprendre la nouvelle, le jour du concert. Nous étions très déçus, et c'était du coup d'autant plus important pour nous de retenter le coup », se souvient encore Nige. « C'est assez drôle, quand j'y pense : notre tout premier concert, dans les années 80 à Bristol, avait aussi été annulé le jour même », ajoute-t-il, le sourire aux lèvres.

Il reste que la venue d'Onslaught, qui sera en tournée en Europe dans les prochaines semaines, doit autant au désintéressement de ses membres – qui n'ont pas touché de cachet – qu'à la volonté des membres de Skull Session et de Blaakyum, qui ont assumé les frais de cet événement, selon le chanteur et guitariste du groupe libanais, Bassem Deaïbess. « Nous avons investi à perte, mais ce projet nous tenait tous à cœur. Les membres d'Onslaught, avec qui nous avons tourné à plusieurs reprises en Europe ces dernières années, nous ont très vite fait part de leur envie de venir au Liban, malgré le fait que le metal y soit considéré par une grande partie de la société comme une musique bruyante, voire malsaine », confie-t-il. Pour Douglas Hall, enfin, cette collaboration reflète l'état d'esprit qui domine dans le milieu du heavy metal et de ses multiples sous-genres. « C'est l'implication des artistes et des fans qui fait que ce courant musical, qui n'est pas facile à aborder pour beaucoup de gens, reste très populaire dans le monde tout en échappant aux sirènes du marketing », conclut Douglas Hall.

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