Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, hier à Madrid. Susana Vera/Reuters
Le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a dénoncé hier « un acte intolérable de désobéissance » en Catalogne où les autorités ont convoqué un référendum d'autodétermination pour le 1er octobre, déclenchant un arsenal de mesures juridiques pour le contrer. Évoquant de « si difficiles circonstances », M. Rajoy a annoncé que le Conseil des ministres réuni en urgence avait ordonné la saisine de la Cour constitutionnelle pour faire annuler les textes adoptés en Catalogne afin d'organiser ce référendum, dont le principe avait déjà été déclaré anticonstitutionnel en 2014. Il a précisé que les autorités catalanes et tous les maires de la région seraient avertis qu'il est de leur « devoir d'empêcher ou de paralyser toute initiative tendant à l'organisation du référendum ». « Je suis très conscient... de la gravité du moment », a insisté M. Rajoy, en appelant les indépendantistes en Catalogne à ne pas « mépriser la force de la démocratie ». « Il n'y aura pas de référendum d'autodétermination », a-t-il martelé, en promettant de mettre en œuvre « tout ce qui sera nécessaire » pour l'éviter.
Peu avant, le procureur général de l'État avait accusé les dirigeants catalans d'avoir « désobéi frontalement aux décisions de la Cour constitutionnelle » en convoquant pour le 1er octobre le référendum. Il a précisé que deux procédures étaient en préparation contre la « conférence des présidents » du Parlement catalan, qui a accepté de soumettre la loi au vote, et contre l'ensemble du cabinet catalan. Le magistrat a annoncé le lancement d'enquêtes tous azimuts sur d'éventuels préparatifs du scrutin et l'ordre de saisir les « instruments destinés à préparer ou tenir le référendum illégal ».
À Barcelone, la réponse n'a pas tardé. Le porte-parole du gouvernement catalan, Jordi Turull, a dénoncé un « état de siège latent » imposé à la Catalogne et promis que les séparatistes ne se laisseraient pas impressionner par la « pluie de plaintes ».
Les séparatistes majoritaires au Parlement catalan depuis septembre 2015 ont prévu d'examiner une deuxième loi, visant à organiser la transition vers un État indépendant si le « oui » l'emporte le 1er octobre. En cas de victoire des séparatistes, la Catalogne deviendrait selon eux une république indépendante, séparée du royaume d'Espagne.
Source : AFP

