Des combattants posant avec le drapeau irakien après la prise de la citadelle ottomanne de Tal Afar AFP / AHMAD AL-RUBAYE
Les forces gouvernementales irakiennes, accompagnées d'unités paramilitaires et appuyées par une coalition internationale sous commandement américain, étaient en passe hier de chasser le groupe État islamique (EI) d'un de ses derniers bastions du pays. Les troupes tiennent désormais « tous les quartiers » du dernier fief de l'EI dans la province de Ninive (Nord), a indiqué une semaine après le début de l'offensive le commandement conjoint des opérations (JOC), qui coordonne la lutte anti-EI en Irak. Elles ont notamment repris le centre-ville ainsi que la citadelle ottomane qui le surplombe, perchée sur une colline. Les forces irakiennes poursuivent toutefois leurs opérations pour débarrasser la ville des derniers combattants de l'EI. C'est également dans la province de Ninive que les jihadistes ont perdu début juillet Mossoul, la deuxième ville d'Irak, située à 70 kilomètres à l'est de Tal Afar.
Progression rapide
Après la prise samedi du centre de Tal Afar et de sa citadelle puis, hier, des derniers quartiers aux mains des jihadistes, les combats se poursuivent aux abords de la ville. L'objectif est désormais de reconquérir al-Ayadieh, une localité à 15 km au nord de Tal Afar. Cette bourgade est importante pour les forces anti-EI, car elle se trouve sur la seule route, depuis Tal Afar, que les jihadistes peuvent emprunter pour fuir en Syrie. Dans le pays voisin, en guerre, les jihadistes sont présents dans les provinces de Deir ez-Zor et de Raqqa, leur « capitale » en Syrie dont ils ont déjà perdu plus de la moitié au profit d'une alliance arabo-kurde soutenue par les États-Unis. Le JOC avait indiqué samedi que sur l'ensemble de la région de Tal Afar, « 1 155 km carrés avaient été repris sur 1 655 km carrés, soit 70 % de la zone ». Dans leur progression, rapide, les forces irakiennes sont aidées par les avions irakiens et de la coalition internationale anti-EI qui pilonnent la région depuis des semaines.
Ville fantôme
L'avancée à Tal Afar, qui comptait au moins dix fois moins d'habitants que Mossoul avant l'entrée des jihadistes en 2014, est sans commune mesure avec celle à Mossoul, qui était encore densément peuplée à l'entrée des troupes en novembre 2016. Là-bas, les combats ont duré neuf longs mois. Les 200 000 habitants de Tal Afar, en majorité turkmènes chiites, ont pour beaucoup fui l'occupation jihadiste à partir de l'été 2014.
Alors que les humanitaires se préparaient à un nouvel exode de civils au fur et à mesure de l'avancée des troupes, jusqu'ici le flux de déplacés est ténu, assurent combattants et humanitaires. Parmi eux, Abou Zineb est revenu dans sa ville, désormais fantôme et où les dégâts sont importants, en tant que combattant du Hachd al-Chaabi, des unités paramilitaires dominées par les milices chiites. Il accuse les jihadistes d'avoir « tout fait exploser ».
Mais alors que se dessine la fin des opérations à Tal Afar, les forces anti-EI en Irak ont encore deux objectifs. D'un côté, Hawija, à près de 300 km au nord de Bagdad, dans la province de Kirkouk. La coalition internationale a annoncé avoir mené ces derniers jours dans ce secteur deux raids aériens ayant notamment détruit « deux unités tactiques de l'EI et un point de contrôle et de commande ». On compte également trois localités de l'Ouest désertique frontalier de la Syrie : al-Qaïm, Rawa et Anna, tenues par l'EI.
Source : AFP

