Hier, dans la ville de Maungdaw, en Birmanie, après des attaques de Rohingyas contre des postes de police. Wai Moe/AFP
Au moins 71 policiers et rebelles ont été tués hier dans l'ouest de la Birmanie après des attaques de musulmans rohingyas contre plusieurs postes-frontières, des violences sans précédent depuis des mois, selon les autorités birmanes. Selon le dernier décompte publié par le gouvernement du Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, 12 membres des forces de l'ordre et 59 « terroristes » rohingyas ont été tués. « Militaires et policiers se battent ensemble contre les terroristes bengalis », avait déclaré un peu plus tôt le chef de l'armée, le général Min Aung Hlaing, sur sa page Facebook. Les Rohingyas sont considérés comme des immigrés du Bangladesh voisin et appelés à ce titre « bengalis », le terme « rohingya » étant tabou en Birmanie, pays à majorité bouddhiste marqué par l'influence de moines radicaux qui dénoncent les musulmans comme une menace.
Il s'agit de l'épisode de violences le plus meurtrier depuis plusieurs mois dans cette région, l'État Rakhine, marquée par de fortes tensions entre musulmans et bouddhistes. Plus de 20 postes de police ont été attaqués par quelque 150 rebelles rohingyas tôt hier, a annoncé, avant l'armée, le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi. Le chef de l'armée birmane a souligné le fait que « les combats se poursuivaient » hier dans cette région frontalière du Bangladesh, notamment autour des postes de police des villages de Kyar Gaung Taung et Nat Chaung. Des armes ont été dérobées dans plusieurs postes de police par les attaquants, équipés de poignards et autres objets contondants, a-t-il précisé.
Le gouvernement birman a relevé hier « la coïncidence de ces attaques avec la publication du rapport final de la commission » dirigée par l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan sur la situation dans l'État Rakhine.
La commission, dont l'ancien ministre libanais Ghassan Salamé faisait partie, avait appelé jeudi la Birmanie à donner plus de droits à sa minorité musulmane des Rohingyas, notamment de mouvement, faute de quoi elle risquait de « se radicaliser ». Kofi Annan a réagi aux attaques d'hier, « inquiétante escalade dans la violence ». Il a appelé les forces de l'ordre à « la retenue » dans leur gestion de la crise.
Source : AFP


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