Hier, à Erbil, dans le Kurdistan irakien, le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, a eu des discussions avec le président de la région autonome, Massoud Barzani. Washington s’oppose fermement au référendum sur l’indépendance que le Kurdistan veut organiser le 25 septembre, insistant sur le nécessaire maintien de « l’intégrité territoriale » de l’Irak en pleine lutte contre le groupe jihadiste État islamique. Safin Hamed/AFP
Les forces gouvernementales ont reconquis hier trois quartiers de Tal Afar, l'un des derniers fiefs des jihadistes en Irak, le jour où le chef du Pentagone, Jim Mattis, est venu réaffirmer son soutien aux forces irakiennes.
Plus d'un mois après la reprise au groupe jihadiste État islamique (EI) de Mossoul, la deuxième ville du pays, les troupes se sont lancées dimanche à l'assaut de Tal Afar, située 70 km plus à l'Ouest, dans le Nord irakien. Appuyée par l'aviation de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, l'armée est également soutenue dans sa nouvelle offensive par le Hachd el-Chaabi, unités paramilitaires, la police fédérale et des forces spéciales du contre-terrorisme.
Dans un communiqué, le Hachd el-Chaabi, dominé par les milices chiites, a annoncé avoir repris avec les forces armées « le contrôle complet » des quartiers al-Kifah (Nord-Ouest), al-Nour (Sud-Est) et al-Askari (Nord-Est) à Tal Afar. Dès le matin, les forces irakiennes s'étaient regroupées aux portes de la cité, avant d'entrer depuis plusieurs fronts dans la ville, où, selon des responsables locaux, un millier de jihadistes sont retranchés. Ahmad el-Assadi, porte-parole du Hachd el-Chaabi, a fait état de combats « violents », prédisant que la reprise de Tal Afar ne serait « pas longue ». Elle « prendra des semaines », a-t-il dit, alors que la reconquête de Mossoul avait duré neuf mois.
Avec l'offensive à Tal Afar, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a dit redouter l'exode « de milliers » de civils. Quelque 1 500 familles sont arrivées dans un camp de transit ces derniers jours et les préparatifs sont en cours pour accueillir jusqu'à 22 000 personnes fuyant Tal Afar, a précisé le HCR.
La rapide progression à Tal Afar intervient au moment où M. Mattis rencontrait les dirigeants irakiens à Bagdad, dont le Premier ministre Haïdar el-Abadi. Le chef du Pentagone a apporté une nouvelle fois le soutien de son pays à la lutte irakienne contre les jihadistes et souligné la nécessité de « vaincre l'EI et de restaurer la souveraineté et l'intégrité territoriale » de l'Irak. « Les jours de l'EI sont comptés, c'est certain. L'EI est en déroute », a-t-il estimé, mais il « n'a pas encore disparu, et cela n'arrivera pas de sitôt ».
Après Bagdad, M. Mattis s'est rendu à Erbil, où il s'est entretenu avec Massoud Barzani, président de la région autonome du Kurdistan. L'un des premiers défis auxquels fait face Bagdad est le référendum sur l'indépendance que le Kurdistan veut organiser, le 25 septembre. Washington s'y oppose fermement car sa tenue « en ce moment pourrait potentiellement être catastrophique pour la campagne anti-EI, a expliqué l'envoyé du président Trump auprès de la coalition, Brett McGurk. Tous les membres de notre coalition pensent que ce n'est pas le bon moment pour l'organiser » (voir par ailleurs).
Source : AFP

