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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

La présence militaire dans les rues critiquée en France

L'attaque mercredi contre des soldats relance le débat sur l'opération Sentinelle.

Un soldat français de l’opération Sentinelle à Levallois-Perret, le 9 août. Stephane de Sakutin/AFP

Alors que la présence de militaires dans les rues des capitales européennes est rare, voire exceptionnelle, les soldats français patrouillent depuis plus de deux ans dans toute la France, provoquant des critiques de nombreux experts qui remettent en cause l'efficacité de ce déploiement antiterroriste. Mercredi, six d'entre eux ont été blessés dans la banlieue parisienne par le conducteur d'une voiture qui a foncé sur eux délibérément. C'est la sixième fois depuis janvier 2015 que les militaires français de l'opération Sentinelle sont ainsi pris pour cible.
En dehors de la sécurisation d'une rue de Paris le soir des attentats du Bataclan, en novembre 2015, il n'y a aucun exemple que ces soldats soient intervenus pour protéger autre chose qu'eux-mêmes, déclare à l'AFP le chercheur Elie Tenenbaum, auteur d'un rapport intitulé La sentinelle égarée ? « C'est un dispositif de sécurité qui devient la cible en tant que tel », dit-il. « Aujourd'hui, quoi qu'en dise le ministère de la Défense (...), ces militaires sont utilisés comme des supplétifs des forces de police », ajoute-t-il. Ils sont, selon lui, uniquement en région parisienne, la cible d'en moyenne cinq agressions quotidiennes, la plupart du temps verbales mais parfois physiques.
« Ce dispositif ne donne satisfaction à personne car il apporte très peu en termes de sécurité », assure à l'AFP le général (à la retraite) Vincent Desportes, ancien directeur de l'École de guerre. « En revanche, il fournit aux terroristes des cibles militaires claires pour qui veut les frapper. Depuis le début, ils ont essentiellement servi de cibles. » « C'est une opération d'ordre psychologique et politique, mais qui ne rajoute rien à la sécurité des Français, ajoute-t-il. En revanche, elle fait porter une charge considérable sur les armées et a un poids tout à fait négatif sur le moral des troupes et leur capacité à recruter les soldats dont nous avons besoin. »

« Paratonnerre qui attire la foudre »
Lundi, la ministre française des Armées Florence Parly a réitéré la position officielle : « Ils sont rempart avant toute chose puisqu'à chaque fois ils ont pu déjouer les tentatives d'attentats (...) qui étaient en préparation. » Un avis que ne partage pas le colonel (à la retraite) Michel Goya, qui dénonce ce qu'il appelle « le piège de l'opération Sentinelle ». « Si on examine le bilan réel de l'engagement de militaires sur le territoire métropolitain depuis octobre 1995, écrit-il dans son blog, on constate que strictement aucun attentat, de quelque origine qu'il soit, n'a jamais pu être empêché par cette présence. » « Peut-être que certains ont été dissuadés par elle mais on ne dispose, à ma connaissance, d'aucun témoignage dans ce sens en plus de vingt ans », ajoute-t-il. « Les seuls terroristes que les soldats ont finalement neutralisés sont ceux qui les ont attaqués. »
Dans une interview au magazine Le Point, l'historienne Bénédicte Chéron, spécialiste des relations entre l'armée et la société, a récemment qualifié Sentinelle de « mission paratonnerre ». « Il ne sera plus possible de se voiler bien longtemps la face sur le fait que nous avons distribué sur le territoire national des cibles », estime-t-elle. « Disons-le : Sentinelle est un paratonnerre qui attire la foudre. »
L'opération Sentinelle, qui mobilise 7 000 soldats en permanence sur le territoire français, devrait être « revue en profondeur » à la rentrée, a annoncé en juillet le président Emmanuel Macron.

Source : AFP

Alors que la présence de militaires dans les rues des capitales européennes est rare, voire exceptionnelle, les soldats français patrouillent depuis plus de deux ans dans toute la France, provoquant des critiques de nombreux experts qui remettent en cause l'efficacité de ce déploiement antiterroriste. Mercredi, six d'entre eux ont été blessés dans la banlieue parisienne par le conducteur d'une voiture qui a foncé sur eux délibérément. C'est la sixième fois depuis janvier 2015 que les militaires français de l'opération Sentinelle sont ainsi pris pour cible.En dehors de la sécurisation d'une rue de Paris le soir des attentats du Bataclan, en novembre 2015, il n'y a aucun exemple que ces soldats soient intervenus pour protéger autre chose qu'eux-mêmes, déclare à l'AFP le chercheur Elie Tenenbaum, auteur d'un rapport...
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