L'ancien ministre de la Santé, Waël Bou Faour, a rebondi hier sur le scandale Mona Baalbacki, dévoilé par le Conseil supérieur de discipline, pour dénoncer le limogeage par ce même organisme d'un fonctionnaire pourtant honnête.
« L'État ne se remettra sur ses pieds que lorsque les organismes de contrôle accompliront leur travail avec loyauté et justice, et non en se basant sur certaines recommandations politiques ou à la demande de personnalités influentes. Faute de quoi ces organismes, surtout le Conseil supérieur de discipline, devraient arrêter de se lancer dans des exploits héroïques fictifs », a déclaré M. Bou Faour.
Il a souligné avoir ressenti une « vive émotion » en prenant connaissance de « la décision historique et légendaire » prise par le Conseil supérieur de discipline la semaine dernière contre une « fonctionnaire » en raison de « plusieurs crimes qu'elle avait commis ».
Rappelons que mercredi dernier, le Conseil supérieur de discipline avait annoncé avoir démis de ses fonctions Mona Baalbacki, chef du département de pharmacie à l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, pour avoir vendu frauduleusement une grande quantité de traitements pour le cancer dispensés par le ministère de la Santé. En remplacement, ce sont des produits périmés ou contrefaits qui étaient administrés aux malades.
« J'aurais aimé que ce Conseil fasse preuve d'un pareil enthousiasme lorsque son président avait décidé de destituer de ses fonctions un fonctionnaire honnête, à la demande d'une personnalité influente », a déploré M. Bou Faour. Il a expliqué que le fonctionnaire en question, Marc Karam, qui travaillait au mohafazat de Beyrouth, avait été congédié « parce qu'il avait osé dévoiler les transgressions, voire les crimes qui étaient perpétrés aux abattoirs de Beyrouth », comme le fait « d'égorger des moutons déjà morts ».
« Marc Karam a également dévoilé que plus de vingt personnes sont décédées des suites d'un cancer après avoir travaillé dans l'abattoir infesté, a encore insisté M. Bou Faour. Au lieu que le Conseil de discipline n'interroge les fonctionnaires responsables, il a démis Marc Karam de ses fonctions, rien que pour satisfaire certaines amitiés et anciennes camaraderies. »
Liban - Scandale
Bou Faour dénonce les « exploits héroïques fictifs » du Conseil supérieur de discipline
OLJ / le 09 août 2017 à 00h00


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