Le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche à Washington, le 4 août. Saul Loeb/AFP
Au plus bas dans les sondages, le président Donald Trump mobilise ses plus fervents partisans pour protéger sa présidence menacée par les enquêtes sur l'affaire russe et une dissidence grandissante dans les rangs du Parti républicain. La constitution, révélée dans la presse, d'un jury de mise en accusation ou grand jury par le procureur spécial Robert Mueller, dans le cadre de son enquête sur une éventuelle collusion entre la campagne de Donald Trump et Moscou, fait craindre à la Maison-Blanche des inculpations et des assignations à comparaître potentiellement dévastatrices pour son administration. C'est un nouveau coup dur pour Donald Trump après des démissions en cascade à la Maison-Blanche et des revers cuisants sur des votes-clés au Congrès.
Un nouveau sondage effectué par l'Université Quinnipiac donne au président américain une cote de popularité de seulement 33 %, un niveau équivalent à celui de Richard Nixon en plein scandale du Watergate ou à celui de George W. Bush pendant la guerre en Irak. Mais Donald Trump parie sur le soutien de sa base électorale qui l'a propulsé à la Maison-Blanche, séduite par ses déclarations droitières et son discours musclé. En un peu plus d'une semaine, le président américain a encouragé la police à ne pas prendre de gants dans les arrestations et a promis de combattre sans merci des gangs criminels hispaniques. Il a également décrété dans un tweet l'interdiction des transgenres dans l'armée. Après avoir mis en garde contre certains quartiers devenus « de véritables charniers » en raison de la violence, il a annoncé une restriction massive des critères pour immigrer légalement aux États-Unis.
Invention complète
Jeudi, Donald Trump a prononcé un discours devant des milliers de partisans en Virginie-Occidentale, dans lequel il a évoqué les thèmes porteurs de sa campagne. Mettant en avant sa politique d'immigration et son désir de rétablir la loi et l'ordre, le milliardaire new-yorkais a martelé devant ses partisans que les enquêtes sur l'« affaire russe » sont une menace pour lui-même et pour ceux qui le soutiennent. « Cette histoire de Russie est une invention complète (...) qui est humiliante pour nous tous, et pour notre pays et notre Constitution », a-t-il lancé.
Quant au projet de loi pour réduire de moitié l'immigration légale, des responsables de la Maison-Blanche admettent eux-mêmes que les chances d'adoption par le Congrès sont très minces, tant les migrants forment une main-d'œuvre indispensable dans certains secteurs, comme l'agriculture et la construction. Pour Emily Ekins, responsable des sondages à l'institut CATO, il est simpliste de penser que l'électorat de Trump est un groupe homogène. Il s'agit plutôt, dit-elle, d'une large coalition de conservateurs, de nationalistes, de protectionnistes, de populistes et de déçus de la politique. Le seul point commun est leur opposition à l'immigration, explique l'analyste. « Si Trump faisait volte-face sur ce sujet, je pense que cela le disqualifierait aux yeux de ses partisans », dit-elle.
Après avoir perdu un vote-clé sur la réforme de la santé dans un Congrès pourtant à majorité républicaine et avoir dû promulguer à contrecœur des sanctions contre la Russie, adoptées à une quasi-unanimité dans les deux Chambres, le président américain a ouvertement critiqué le Congrès et son propre parti. Le départ de la Maison-Blanche de deux figures du Parti républicain, le secrétaire général de la Maison-Blanche, Reince Priebus, et le porte-parole, Sean Spicer, a encore terni davantage ces relations. Avec l'affaiblissement du soutien du Parti républicain, Donald Trump ne semble pas avoir d'autre choix que de créer une sorte de garde prétorienne avec ses plus fidèles partisans.
Source : AFP


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