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Moyen Orient et Monde - Venezuela

Le parquet demande à la justice d’annuler l’installation de la Constituante

Hier soir, le président vénézuélien Nicolas Maduro (au micro) a annoncé le report de 24 heures de la séance inaugurale de l’Assemblée constituante, initialement prévue hier, lors d’une réunion avec des membres de cette assemblée. L’opposition a aussitôt, elle aussi, reporté à aujourd’hui sa grande manifestion contre la Constituante. Palais Miraflores/Handout/Reuters

Le pouvoir et l'opposition vénézuéliens se préparaient hier à un nouveau bras de fer, aujourd'hui, avec l'inauguration de la Constituante et de nouvelles manifestations, quatre jours après un vote à la légitimité contestée, du bureau du procureur à Caracas jusqu'à Washington.
Ainsi, un nouvel obstacle de taille se dresse sur la route de l'Assemblée constituante : la procureure générale Luisa Ortega, ancienne proche du pouvoir devenue une de ses principales adversaires, a annoncé l'ouverture d'une enquête sur des suspicions de fraude lors de l'élection de l'Assemblée dimanche dernier. Car l'entreprise britannique chargée des opérations de vote estime que la différence entre la participation réelle et celle annoncée par les autorités est « d'au moins un million de votes ». Et en soirée, le parquet général a annoncé avoir demandé à la justice d'annuler l'installation de la Constituante. Le ministère public a précisé sur Twitter que cette demande, faite par les deux procureurs chargés de l'enquête « se base sur la commission présumée de délits durant le processus électoral ».
Cette assemblée « naît avec du plomb dans l'aile. Mais peu importe pour Maduro, il veut seulement une Constituante à sa mesure », juge l'analyste Luis Salamanca. L'Assemblée constituante se situe au-dessus de tous les pouvoirs, y compris du chef de l'État, Nicolas Maduro, et elle est installée pour un temps indéfini. Elle aura pour mission de réécrire la Constitution du Venezuela, pays au bord de l'effondrement économique. Son élection, entachée par des violences qui ont fait 10 morts, a suscité un tollé international. Plus de 120 personnes ont été tuées en quatre mois de manifestations contre le président.
L'opposition continue à contester le principe même de ce « superpouvoir », les leaders antichavistes (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013) évoquant son « illégitimité ». « Pour défendre la Constitution contre la fraude, la mobilisation prévue aujourd'hui (hier) aura lieu demain, 4 août (aujourd'hui) », a écrit sur Twitter la coalition de l'opposition Table de l'unité démocratique (MUD), qui veut faire coïncider sa marche en direction du siège du Parlement avec le début des travaux de la Constituante. « La lutte continue. La fraude que représente cette Constituante met le pays sur la voie d'une explosion sociale. Ce processus est nul. C'est le début de la fin », a déclaré Henrique Capriles, l'un des chefs de l'opposition.

Contexte de tensions
L'opposition entend par ailleurs continuer de siéger au Parlement, où elle est majoritaire. Concrètement, les deux assemblées doivent se réunir dans deux hémicycles distincts au sein du même bâtiment, séparés par une simple cour, faisant craindre de nouvelles tensions.
Hier soir, M. Maduro avait annoncé le report de 24 heures de la séance inaugurale de l'Assemblée, initialement prévue hier. Cette séance sera « organisée dans la paix, dans la tranquillité et avec tout le protocole nécessaire, vendredi prochain à 11 heures du matin » (18h00, heure de Beyrouth), a déclaré le dirigeant lors d'une réunion avec des membres de cette assemblée de 545 membres.
La Constituante, qui doit apporter la « paix » et permettre au Venezuela de se redresser économiquement, selon M. Maduro, est rejetée par 72 % des Vénézuéliens, d'après l'institut de sondages Datanalisis. Enfin, la Constituante doit lancer ses travaux dans un contexte de tensions avec les États-Unis, renforcé par les nombreuses condamnations internationales après l'arrestation, dans la nuit de lundi à mardi, de deux des figures de l'opposition, Leopoldo
Lopez et le maire de Caracas Antonio Ledezma.
Source : AFP

Le pouvoir et l'opposition vénézuéliens se préparaient hier à un nouveau bras de fer, aujourd'hui, avec l'inauguration de la Constituante et de nouvelles manifestations, quatre jours après un vote à la légitimité contestée, du bureau du procureur à Caracas jusqu'à Washington.Ainsi, un nouvel obstacle de taille se dresse sur la route de l'Assemblée constituante : la procureure générale Luisa Ortega, ancienne proche du pouvoir devenue une de ses principales adversaires, a annoncé l'ouverture d'une enquête sur des suspicions de fraude lors de l'élection de l'Assemblée dimanche dernier. Car l'entreprise britannique chargée des opérations de vote estime que la différence entre la participation réelle et celle annoncée par les autorités est « d'au moins un million de votes ». Et en soirée, le parquet général a...
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