Le président brésilien Michel Temer prononçant un discours le 2 août 2017 à Brasilia. Sergio Lima/AFP
Le président Michel Temer va tenter de tirer bénéfice de sa victoire facile à la Chambre des députés pour mettre en œuvre des mesures d'austérité qu'il estime indispensables pour sortir le Brésil de la récession, mais il fait face à de nouvelles embûches.
S'il a pu obtenir le vote d'une large majorité de députés, mercredi, lui évitant l'infamie d'une inculpation et d'un procès devant la Cour suprême, le président Temer reste sous la menace de nouvelles accusations de son ennemi intime, le procureur général Rodrigo Janot. C'est ce dernier qui avait présenté une demande de mise en accusation formelle contre M. Temer pour corruption passive, une procédure inédite pour un président en exercice, que les députés viennent d'éteindre. Mais M. Janot, qui doit quitter son poste en septembre, pourrait très prochainement formuler d'autres accusations, pour entrave à la justice et association de malfaiteurs, à l'encontre du président.
La victoire de M. Temer ne pourra pas non plus faire oublier que les Brésiliens souhaitaient à 81 % que les députés votent en faveur de son procès. Le président bat tous les records, depuis la fin de la dictature militaire au Brésil, avec une cote de popularité tombée à 5 %.
Mais sur le front économique, le succès de M. Temer devrait lui permettre de faire avancer les réformes d'austérité réclamées par les milieux d'affaires pour sortir l'économie brésilienne de la récession, dont elle commence à peine à émerger. C'est d'ailleurs sur la nécessité des réformes que le président s'est exprimé à la télévision tard mercredi, juste après la fin du vote de la Chambre basse. Des réformes qu'il entend mener avant la fin de son mandat, en décembre 2018. Mais M. Temer devra compter avec la forte impopularité de ces réformes parmi la population.
Source : AFP

