Le président français Emmanuel Macron a déjeuné, hier, avec des enfants dans un centre de loisirs à Moisson. Sa cote de popularité enregistre une baisse de 7 points (à 36 %), selon un sondage publié hier. Philippe Wojazer/Pool/AFP
Le Parlement français a adopté définitivement hier, par un ultime vote massif de l'Assemblée, un des textes de moralisation de la vie politique, qui interdit l'emploi par un élu de membres de sa famille proche en tant que collaborateurs, et instaure un nouveau régime pour les frais des parlementaires. Ce projet de loi ordinaire pour la « confiance dans la vie politique », sur lequel Assemblée et Sénat s'étaient accordés sur une version commune, a été approuvé par 383 voix pour et 3 contre, et 48 abstentions. Les élus du parti au pouvoir, La République en marche (LREM), du Mouvement démocrate (MoDem) et les constructifs ont voté pour, comme une large majorité des Les Républicains (LR, droite) et socialistes. Les Insoumis, les communistes et les élus du Front national (FN, extrême droite), dont Marine Le Pen, se sont abstenus. Deux LR et un socialiste ont voté contre.
Les députés de la majorité, qui ont fait valoir que ce premier texte concrétisait des engagements du président Emmanuel Macron, ont applaudi debout après le vote. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, qui a porté ce texte préparé par François Bayrou, s'est félicitée d'un « signal très positif pour nos concitoyens », via ce compromis entre sénateurs et députés. L'autre texte de moralisation, un projet de loi organique comprenant notamment la suppression de la réserve parlementaire, doit être adopté définitivement mercredi prochain.
La dernière séance dans l'hémicycle sur ce texte, avec le président de l'Assemblée François de Rugy au perchoir, a été parfois agitée, dans la lignée des débats depuis trois semaines. « 230 ans après avoir aboli les privilèges des nobles, il est peut-être temps de mettre fin à ceux des parlementaires », a lancé le député LREM, Sacha Houlié (28 ans), vice-président de l'Assemblée et avocat de profession, s'attirant les foudres d'autres groupes. « Chaque fois qu'on évoque les privilèges, on fait avancer la démagogie et le populisme », a rétorqué le constructif Michel Zumkeller, observant aussi qu'il se « trompait » de jour, la date de référence étant le 4 août 1789. Dominique Potier (Nouvelle Gauche) s'est dit « sidéré » par ces propos d'un LREM se présentant comme « chevalier blanc ».
En outre, alors que le projet de loi interdit les emplois de la famille proche pour l'ensemble des élus, Sébastien Jumel (Parti communiste) a jugé que la nomination au Conseil constitutionnel de Michel Mercier, qui a employé sa fille comme assistante parlementaire, « sème le trouble ». Globalement, ce texte a été qualifié de « petit pas » par les socialistes, et laissant un « goût amer d'inachevé » à la droite. Ces groupes ont regretté que le « verrou de Bercy » n'ait pas été levé, ou les conflits d'intérêts dans la haute fonction publique davantage circonscrits.
Par ailleurs, un peu plus de deux mois après son arrivée à la tête de l'État français, M. Macron accuse une chute de popularité quasi inédite sous la Ve République, selon un sondage YouGov diffusé hier. La popularité du président centriste, élu le 7 mai avec plus de 66 % des voix, a perdu 7 points : seulement 36 % des sondés portent un jugement positif sur son action et 49 % (+13 points) la jugent négativement. Il est désormais devancé d'un point par le Premier ministre, Édouard Philippe (37 % d'avis favorables, -2 points), selon cette enquête pour le Huffington Post et la chaîne d'information CNews. Le sondage a été réalisé les 26 et 27 juillet, auprès de 1 003 personnes de 18 ans et plus.
Source : AFP


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14 h 04, le 04 août 2017