Un combattant de l’Armée syrienne libre hier à Deraa. Alaa al-Faqir/Reuters
Le calme régnait hier dans le sud de la Syrie au premier jour d'un cessez-le-feu initié par les États-Unis, la Russie et la Jordanie. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les combats ont cessé dans les trois provinces concernées par cet accord – Deraa, Quneitra et Soueida – depuis son entrée en vigueur à 12h00 (09h00 GMT) hier. Ce cessez-le-feu, annoncé vendredi par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, intervient alors que des délégations du régime syrien et de l'opposition sont attendues aujourd'hui à Genève pour un nouveau cycle de pourparlers.
« Les combats entre les rebelles et les forces prorégime se sont arrêtés depuis ce matin, à l'exception de quelques obus tirés avant-midi par les forces gouvernementales contre des positions rebelles à Deraa », a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Selon l'Observatoire, le cessez-le-feu était toujours respecté hier en début de soirée.
De violents affrontements avaient opposé ces dernières semaines les forces progouvernementales aux groupes rebelles dans ces trois provinces. Le régime de Damas avait décrété dès lundi dernier une trêve unilatérale de quelques jours dans le sud du pays, coïncidant avec la tenue de négociations avec les rebelles à Astana, la capitale kazakhe.
Les provinces concernées font partie des « zones de désescalade » du plan conclu en mai entre la Russie et l'Iran, alliés du régime de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles. Mais les trois pays ne se sont pas encore entendus sur la façon dont elles seront administrées.
Le gouvernement syrien n'a pas officiellement réagi à ce nouveau cessez-le-feu, et la télévision d'État ne l'avait pas évoqué dans son bulletin d'informations de la mi-journée. Le journal al-Watan, proche du régime, a cité le chef de la commission parlementaire des Relations extérieures de la Syrie suggérant que l'accord avait été négocié en consultation avec Damas.
« Atmosphère propice »
Les États-Unis, qui ont pris leurs distances avec le dossier syrien depuis l'entrée en fonctions du président Donald Trump en janvier, ont salué cet accord. M. Trump a affirmé hier avoir discuté du conflit syrien avec son homologue russe Vladimir Poutine. « Nous avons négocié un cessez-le-feu dans certaines parties de la Syrie, qui va sauver des vies, a-t-il écrit sur son compte Twitter. Il est temps d'aller de l'avant et de travailler de manière constructive avec la Russie. »
La Jordanie, frontalière de la zone sud couverte par l'accord, est un soutien stratégique de la principale faction rebelle modérée.
Israël, qui a récemment mené plusieurs frappes de « représailles » contre les positions gouvernementales dans la province de Quneitra, a accueilli l'accord avec prudence. « Israël saluera un véritable cessez-le-feu en Syrie mais celui-ci ne doit pas permettre l'établissement d'une présence militaire par l'Iran et ses intermédiaires en Syrie en général et dans le Sud en particulier », a déclaré hier le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Un responsable de l'ONU a estimé samedi que l'accord avait créé une atmosphère positive avant le septième round des négociations à Genève. « Cela contribue à créer une atmosphère appropriée pour les pourparlers » d'aujourd'hui, a déclaré Ramzi Ezzeddine Ramzi, adjoint à l'émissaire de l'ONU en Syrie, Staffan de Mistura.
Dans ce contexte, une puissante coalition, Tahrir el-Cham, dominée par une ex-branche d'el-Qaëda et rivale de l'EI, a affirmé hier avoir arrêté une centaine de membres de l'EI dans la province syrienne d'Idleb, contrôlée par l'opposition.
Source : AFP

