L'ordre de la presse a estimé hier que le projet de loi du ministre de l'Information, Melhem Riachi, sur l'ordre des rédacteurs est « incomplet, parce qu'il ignore le problème existentiel qu'affronte la presse, et par conséquent les rédacteurs, malgré les nombreuses promesses formulées à plusieurs occasions par le ministre ». Ce projet de loi est aussi « une démarche tronquée », selon le communiqué de l'ordre, parce qu'il ne s'inscrit pas dans le cadre dessiné par le ministre de l'Information lui-même.
Mercredi, le Conseil des ministres avait adopté le projet de loi sur l'ordre des rédacteurs présenté par le ministre Riachi. Si ce projet est adopté par le Parlement, l'ordre des rédacteurs pourra, pour la première fois depuis sa création, bénéficier d'une véritable autonomie. Le texte préconise, entre autres, la suppression de la commission conjointe entre l'ordre de la presse (les patrons de la presse écrite) et l'ordre des rédacteurs, chargée de statuer sur les demandes d'adhésion, qui était lente à prendre ses décisions, lesquelles devaient d'ailleurs faire l'objet d'un accord. Le projet de loi prévoit aussi l'ouverture de l'ordre à tous ceux qui travaillent dans le secteur des médias d'information, et pas seulement aux journalistes de la presse écrite. Il prévoit aussi la création d'un fonds de retraite et d'une mutuelle pour tous les adhérents.
L'ordre de la presse a expliqué dans son communiqué que la commission conjointe avait accepté lors de ses réunions la candidature d'adhésion de centaines de rédacteurs. L'ordre « a également appelé et continue à appeler toutes les parties concernées par loi sur les imprimés à réviser la loi en vigueur » afin d'aboutir à une nouvelle loi qui prendra en considération « le développement horizontal et vertical du métier ». Passant en revue les démarches qu'il a entreprises dans ce sens, l'ordre de la presse a expliqué que la nouvelle loi doit être basée sur deux axes : le passage définitif d'une loi sur les imprimés à une loi sur l'information qui engloberait toutes les branches et les spécialisations du métier ; l'adoption d'un organisme qui regrouperait les différentes instances du secteur avec, d'une part, les professionnels du métier, qui sont également propriétaires de médias, et, d'autre part, les professionnels qui travaillent dans les médias.
Et l'ordre de la presse de conclure en affirmant qu'il est disposé à se constituer en médiateur entre la commission parlementaire concernée et le ministre de l'Information pour aboutir à l'adoption d'une loi qui protégerait les intérêts de tous.
Liban - Ordre Des Rédacteurs
Pour l’ordre de la presse, le projet de loi Riachi est incomplet
OLJ / le 08 juillet 2017 à 00h00


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