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Syrie: le rapporteur de l'ONU sur l'attaque chimique dénonce des pressions

AFP
06/07/2017

Les enquêteurs de la commission conjointe entre l'ONU et l'OIAC, chargés de déterminer les auteurs de l'attaque chimique du 4 avril en Syrie, sont soumis à d'intenses pressions politiques, a dénoncé jeudi leur rapporteur en chef.

Un autre rapport d'experts de l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), dévoilé la semaine dernière, a confirmé l'utilisation de gaz sarin lors du bombardement sur la localité de Khan Cheikhoun (87 morts), qui avait provoqué une immense vague d'indignation internationale et la première frappe de Washington contre le régime de Damas.

A l'issue d'une réunion à huis clos avec le Conseil de sécurité des Nations unies, Edmond Mulet s'est plaint d'un "environnement hautement politisé" dans lequel des "parties intéressées" cherchent à influencer la commission.

"Nous recevons, malheureusement, des messages directs et indirects en permanence de plusieurs directions nous expliquant comment faire notre travail", a assuré aux journalistes le chef des enquêteurs.
"Certains messages sont très clairs et affirment que si nous ne faisons pas notre travail" selon leurs desiderata, "alors ils n'accepteront pas les conclusions de notre travail", a-t-il ajouté.

Selon des diplomates, les pressions proviennent de la Russie, mais Edmond Mulet a souligné que "les messages viennent de partout", laissant entendre que certains pays occidentaux exercent également une pression.
"S'il vous plaît, laissez-nous faire notre travail", avait demandé plus tôt M. Mulet aux membres du Conseil, qui a mis en place en 2015 cette commission d'enquête sur les attaques chimiques en Syrie, baptisée JIM.

Par le passé, la commission a mis en évidence des attaques chimiques menées par des forces gouvernementales syriennes en 2014 et 2015, ainsi que l'utilisation en 2015 par le groupe jihadiste Etat islamique de gaz moutarde.
Pour celle du 4 avril, Washington, Paris et Londres pointent du doigt le régime de Bachar el-Assad, qui nie fermement toute implication.

La commission présentera ses conclusions mi-octobre au Conseil sur cette attaque ainsi que sur une autre au gaz moutarde en septembre 2016 à Um Hosh, dans la province d'Alep.
Selon Edmond Mulet, elle enquêtera par ailleurs sur au moins six autres cas d'utilisation d'armes chimiques en Syrie.

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