À l’issue de leur réunion au Caire, les chefs de la diplomatie saoudienne, égyptienne, émiratie et bahreïnie ont exprimé dans un communiqué « leur regret face à la réponse négative du Qatar, qui fait preuve de négligence et de manque de sérieux (...) en ce qui concerne la révision de ses politiques et de ses pratiques ». Khaled Elfiqi/Pool/Reuters
L'Arabie saoudite et ses alliés, engagés dans un bras de fer avec le Qatar, ont déploré, à l'issue d'une réunion hier au Caire, la « réponse négative » de Doha à leurs conditions pour mettre fin à la crise et annoncé le maintien de leurs sanctions. À l'issue de leur réunion au Caire, les chefs de la diplomatie saoudienne, égyptienne, émiratie et bahreïnie ont exprimé dans un communiqué « leur regret face à la réponse négative du Qatar, qui fait preuve de négligence et de manque de sérieux (...) en ce qui concerne la révision de ses politiques et de ses pratiques ».
Cela « reflète un manque de compréhension de la gravité de la situation » de la part de Doha, a martelé le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri en conférence de presse. « Il n'est plus possible de tolérer le rôle de saboteur que joue le Qatar » dans les conflits régionaux, a-t-il ajouté. Il a dit que les quatre ministres avaient convenu de « tenir leur prochaine réunion à Manama », capitale de Bahreïn, à une date non précisée. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a, lui, affirmé au Caire que les sanctions seraient maintenues et a prévenu que d'autres mesures pourraient suivre. Le « boycott » de Doha va « se poursuivre » et « nous prendrons des mesures au moment approprié », a-t-il dit.
L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte ont rompu le 5 juin avec ce petit émirat riche en gaz qu'ils accusent de soutenir « le terrorisme » et d'entretenir des relations trop étroites avec l'Iran, grand rival de Riyad au Moyen-Orient. Ils ont également imposé à Doha des sanctions économiques, l'Arabie saoudite fermant sa seule frontière terrestre. Pour mettre fin à cette crise, les quatre pays ont adressé au Qatar une liste de 13 demandes, lui réclamant entre autres la fermeture d'une base militaire turque et de la télévision al-Jazeera, qu'ils jugent trop agressive, ainsi que la réduction des relations de Doha avec l'Iran. Le Qatar, qui a rejeté les accusations de terrorisme, a répondu officiellement à ces exigences lundi dans un message au Koweït, qui joue le rôle de médiateur
Hier matin, le chef de la diplomatie du Qatar, Mohammad ben Abderrahmane al-Thani, avait déclaré à Londres que son pays était prêt « à s'engager dans un processus de négociations, dans un cadre clair qui garantisse sa souveraineté ». Il a toutefois dénoncé les sanctions contre Doha, qui représentent « une agression évidente et une insulte à tous les traités internationaux ». Mardi, il avait jugé « irréaliste et irrecevable » la liste de 13 demandes. Cette liste « ne porte pas sur le terrorisme, elle appelle à mettre fin à la liberté d'expression », avait-il dit. Doha considère également que ses voisins tentent de porter atteinte à sa souveraineté dans sa politique étrangère.
Appels au dialogue
Dans un entretien avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le président américain Donald Trump a appelé pour sa part hier à « des négociations constructives entre toutes les parties pour résoudre le différend » et « réitéré la nécessité pour tous les pays de respecter leurs engagements au sommet de Riyad pour arrêter le financement du terrorisme et discréditer l'idéologie extrémiste ».
Selon l'agence officielle koweïtienne KUNA, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a par ailleurs appelé hier l'émir du Koweït cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah pour l'assurer « du soutien des États-Unis dans ses efforts » de médiation entre ses voisins du Golfe.
Dans un entretien diffusé hier sur la chaîne France 24, le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que les treize requêtes présentées par des pays arabes comme des conditions d'une normalisation avec le Qatar ne sont « en aucun cas acceptables ». Il s'est, en outre, dit prêt à retirer les troupes turques du Qatar, comme réclamé par l'axe prosaoudien, si le Qatar le lui demande. Le président turc, dont les propos sont traduits en anglais par la chaîne, se déclare « loyal » à l'égard des autorités qataries.
Sources : agences


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