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Agenda - Hommage

Saba Nader, gentleman querelleur

Cet homme qui nous quitte était un alchimiste des âmes. Il transformait ce plomb qui alourdissait le cœur de ceux que leur bonne étoile plaçait sur son chemin en or de l'espoir.
Saba Nader était un être fier, un meneur d'hommes, un gentleman querelleur doté d'une personnalité si marquée qu'elle vous prenait comme une balle tirée à bout portant.
On ne se remettait pas de son premier contact avec cet homme d'exception. Ce n'est pas simplement qu'il ne laissait pas indifférent ; non, cet homme altier vous transformait par la magie d'une mécanique mystérieuse grâce à laquelle il vous communiquait cette force qui l'animait.
Même sa douceur était forte, puissante, dopée, mais en même temps si généreuse.
Saba, c'était un parieur qui savait gagner ses paris. Non pas qu'il admettait qu'on pipât les dés, mais parce qu'il savait en contrôler le jet. Ce n'est pas une nuance mais un art. Un art qui lui était propre.
J'ai eu la chance de croiser son chemin et l'honneur de le côtoyer et de faire partie de son équipe. Comment oublier ce jour où ayant pris ma mesure, il me dit : « Je parie sur ton cheval. » J'avais 23 ans. Cet homme était un seigneur. Je le pleure parce que je l'aimais.
« Merci la vie », écrivais-tu. Eh ben, la vie, tu l'as domptée, elle s'est donnée à toi. Tu l'as pliée à ta volonté. Mais à toi aussi Saba, merci.
Et à toi Saba, ces vers de Baudelaire qui décrivent si bien ton attitude face aux défis, face à la mort qui n'est qu'un départ vers d'autres cieux :
Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons
Tu as levé l'ancre. Que le Seigneur soit ton compagnon. Nous, nous ne le pouvons plus.

Jawad BOULOS

★ ★ ★ ★ ★

Le monde des assurances et le Liban viennent de perdre une de leurs figures les plus emblématiques, un pilier, un grand seigneur, en la personne de Saba Nader.
Saba appartenait à cette race de héros bienveillants sur qui on pouvait compter et qui ne devraient jamais s'éteindre. « No problem ! » me disait-il chaque fois que je l'approchais pour une situation délicate, embarrassante ou problématique.
Je l'ai connu il y a un peu plus de 50 ans, au début des années 60 du siècle dernier. Il m'avait immédiatement séduit par son charisme. Je comprendrai plus tard que son bon sens, son intelligence, son esprit alerte, son humour, son grand cœur, sa générosité sans pareil s'étaient associés pour forger cet être exceptionnel : Saba.
Son charme aidant, le courant passait tellement bien entre nous que j'ai fini par le rejoindre en 1977 pour travailler à ses côtés. J'y ai passé l'essentiel de ma carrière. Partager avec lui un repas, un drink ou une partie de bridge nous procurait à tous deux un immense plaisir. Pour reprendre son expression favorite, c'était un « big moment », un grand moment de bonheur.
Je ne dispose pas assez d'espace pour relater ses exploits d'assurances, celui de la Middle East Airlines notamment, ou ses engagements humanitaires ou philanthropiques. Il m'aurait fallu tout un journal, et même plus.
Saba m'a raconté un jour que sa petite-fille Shireen lui avait dit : « Tu nous apprends la vie. » Saba savait vivre, en effet. Il nous a fait aimer la vie. La vie ne peut être mise en équation. Elle n'a rien d'un long fleuve tranquille. C'est un ensemble de moments tranquilles, de moments de bonheur, de moments de peines !
Merci Saba de m'avoir fait goûter et participer, en te côtoyant, à ces grands moments de bonheur. Maintenant que tu es parti, je traverse un moment d'immense tristesse.
Je ne t'oublierai jamais Saba. C'est maintenant au tour des anges qui t'entourent de nous remplacer et de connaître les « Saba's big moments ».

Pierre CHIDIAC

Cet homme qui nous quitte était un alchimiste des âmes. Il transformait ce plomb qui alourdissait le cœur de ceux que leur bonne étoile plaçait sur son chemin en or de l'espoir.Saba Nader était un être fier, un meneur d'hommes, un gentleman querelleur doté d'une personnalité si marquée qu'elle vous prenait comme une balle tirée à bout portant.On ne se remettait pas de son premier contact avec cet homme d'exception. Ce n'est pas simplement qu'il ne laissait pas indifférent ; non, cet homme altier vous transformait par la magie d'une mécanique mystérieuse grâce à laquelle il vous communiquait cette force qui l'animait.Même sa douceur était forte, puissante, dopée, mais en même temps si généreuse.Saba, c'était un parieur qui savait gagner ses paris. Non pas qu'il admettait qu'on pipât les dés, mais parce qu'il...