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Dernières Infos - Liban

S. Gemayel : Le pays est dirigé de manière dictatoriale

Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a mis en garde contre un État libanais qui se transforme en une "dictature", en un "État policier", gouverné par "un cartel".

"Cela fait trois ou quatre mois que le pouvoir politique nous rappelle des journées noires, qu'il dirige le pays de manière dictatoriale, a dénoncé M. Gemayel. Sa capacité à accepter l'opposition et l'avis des autres se réduit avec le temps. Il y a un véritable danger que le Liban se transforme en un pays gouverné par un cartel prêt à utiliser sa force pour faire taire toute opinion différente de la sienne".

M. Gemayel a dénoncé dans ce contexte les menaces permanentes de lever l'immunité des parlementaires de l'opposition et rappelle que des activistes ont été roués de coups la semaine dernière devant le Parlement au moment où les députés étaient en train d'adopter la nouvelle loi électorale. "Cette crise de nerfs peut transformer l’État libanais en un État policier", a affirmé M. Gemayel.

"En plus de tout cela, le pouvoir considère qu'il peut gouverner à huis clos, que les institutions sont optionnelles, a ajouté le chef des Kataëb. Ils se réunissent entre eux, décident de ce qu'ils veulent avant de recourir aux institutions. Ils décident de la loi électorale dans les coulisses puis demandent au Conseil des ministres de l'approuver et ensuite au Parlement de l'adopter. C'est un manque de respect aux institutions", a affirmé M. Gemayel mettant en garde contre "le manque de démocratie et de débat".

Le chef des Kataëb a ensuite dénoncé la réunion qui doit avoir lieu au palais présidentiel de Baabda jeudi entre les chefs des partis représentés au gouvernement. Il affirmé avoir tenté de comprendre le pourquoi de la réunion à laquelle l'opposition n'a pas été conviée par le président de la République, Michel Aoun. "Si le but était de discuter des affaires nationales importantes qui dépassent le gouvernement, l'opposition aurait du être présente, a-t-il dit. Sinon, il aurait fallu le faire au sein du gouvernement. Peut être que le président considère que ce gouvernement a échoué et qu'il essaie de trouver une solution, a-t-il ajouté. Auquel cas, le gouvernement devrait démissionner". 

"Le pouvoir n'a pas l'intention de débattre avec l'opposition, a poursuivi M. Gemayel. Son problème est tout simplement que cette opposition existe. Ce qui fait peur aux gens c'est que le Liban devienne une dictature, un pays gouverné sans opposition".

Le chef des Kataëb a rappelé que "cette opposition a sauvé le peuple libanais de nombreuses catastrophes". "Vous auriez pu éviter la catastrophe que vous avez provoqué au littoral, que ce soit à Costa Brava ou à Bourj Hammoud et Jdeidé. Vous avez commis un crime à l'encontre du peuple libanais" (en installant des décharges au littoral), a accusé M. Gemayel.

Il a rappelé aussi que l'opposition a "fait éviter l'imposition de nombreuses taxes au peuple libanais" et que "sans cette opposition l'accord des centrales-navires aurait été approuvé". "Où sont ces centrales-navires? Vous avez eu peur de nous et du peuple libanais !", a -t-il lancé.

M. Gemayel a également dénoncé la prorogation du mandat du Parlement. "Vous étiez tous contre la prorogation du mandat du Parlement et vous avez tous voté en faveur de la prorogation! Pour une carte magnétique !". Dans la nouvelle loi électorale, il a été décidé que les électeurs devront être munis d'une carte magnétique qui nécessite plusieurs mois de préparation. 

M. Gemayel a débuté et achevé sa conférence de presse sur une note positive en affirmant qu'une vague de changement pour un Liban meilleur existe. "Nous observons aujourd'hui pour la première fois depuis une dizaine d'années un mouvement chez les jeunes libanais, il y a une vague de changement dans le pays, il y a une société civile active, une opposition efficace au Parlement, a déclaré M. Gemayel C'est la première fois aujourd'hui que le peuple libanais a de l'espoir en l'avenir, il y a l'espoir que cesse cette façon de gérer le pays".

 

 

Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a mis en garde contre un État libanais qui se transforme en une "dictature", en un "État policier", gouverné par "un cartel".
"Cela fait trois ou quatre mois que le pouvoir politique nous rappelle des journées noires, qu'il dirige le pays de manière dictatoriale, a dénoncé M. Gemayel. Sa capacité à accepter l'opposition et l'avis des autres se réduit avec le temps. Il y a un véritable danger que le Liban se transforme en un pays gouverné par un cartel prêt à utiliser sa force pour faire taire toute opinion différente de la sienne".
M. Gemayel a dénoncé dans ce contexte les menaces permanentes de lever l'immunité des parlementaires de l'opposition et rappelle que des activistes ont été roués de coups la semaine dernière devant le Parlement au moment où les députés étaient en...