Energie

La clim, même sans électricité

Le Eco-Cooler est une clim qui fonctionne sans électricité, mais avec des bouteilles en plastique. Photo Grey Group

Bangladesh

Quand de simples bouteilles en plastique permettent de rafraîchir tout une pièce.

24/06/2017

Selon les prévisions, le Bangladesh sera le pays d'Asie du Sud le plus affecté par la hausse des températures terrestres. La hausse pourrait atteindre deux degrés en moyenne dans les décennies à venir. Une étude de 2013 de la Banque mondiale désigne le Bangladesh comme une « zone d'impact potentiel sensible », menacée par « une recrudescence d'inondations, un intensification des cyclones, un élévation du niveau de la mer et une hausse des températures ».

Le Bangladesh commence déjà à avoir chaud – littéralement – tandis que le globe se réchauffe. Les ruraux, qui représentent plus de 60 % de la population, sont particulièrement vulnérables à la hausse de la température. Contrairement aux citadins, dont une grande partie vit dans des habitations climatisées, les gens de la campagne n'ont pas cette possibilité.
Grey Dhaka, la filiale bangladaise de l'agence américaine de publicité et marketing Grey, a néanmoins peut-être trouvé une manière d'affronter les chaleurs caniculaires. L'an dernier, l'entreprise a présenté Eco-Cooler, le tout premier climatiseur au monde à marcher sans électricité.
Le fonctionnement de l'Eco-Cooler est désarmant de simplicité.
L'Eco-Cooler requiert des bouteilles en plastique à qui l'on donne une seconde vie. Coupées en deux, elles sont fixées sur une planche ou une grille de la taille d'une fenêtre, le goulot dirigé vers l'intérieur de la pièce. Le panneau se fixe sur le cadre de la fenêtre. Le calcul est le suivant : l'air chaud qui entre dans chaque bouteille est compressé au niveau du goulot, ce qui le rafraîchit avant qu'il n'entre dans la pièce.
Selon la direction du vent et la pression exercée, Eco-Cooler peut réduire la température de cinq degrés, soit autant qu'un climatiseur électrique.

 

Simplicité et rapport qualité-prix
L'homme qui a eu l'idée de recycler des bouteilles pour rafraîchir l'air s'appelle Ashis Paul. La manière dont l'idée lui est venue ne manque pas de sel. Un jour, il entend le professeur particulier de sa fille lui expliquer que l'air refroidit au fur et à mesure de l'expansion du gaz. L'inventeur qui sommeille en lui commence à tourner cette simple loi de physique dans tous les sens jusqu'à ce qu'une idée jaillisse : fabriquer un climatiseur à partir de bouteilles en plastique.
Dans un pays où la majorité de la population vit en milieu rural, où l'accès à l'électricité est restreint, Eco-Cooler tient du miracle. Plus de 70 % des Bangladais vivent dans des maisons en tôle ondulée, un matériau qui amplifie la chaleur du soleil. L'été, l'air peut devenir insupportablement étouffant, avec des températures pouvant atteindre 45 degrés.
C'est là qu'Eco-Cooler entre en jeu. Le procédé a déjà soulagé des milliers de campagnards, attirés instantanément par sa simplicité et son rapport qualité-prix.


Grey a fait équipe avec Grameen Intel Social Business Limited, un partenariat entre l'ONG Grameen et Intel, pour distribuer Eco-Cooler gratuitement dans différentes parties du pays. Grameen s'est présenté comme un choix naturel pour Grey en raison de sa vaste implantation dans les villages, où l'agence a pu envoyer ses équipes et montrer aux habitants comment fabriquer un Eco-Cooler.
Aujourd'hui, plus de 25 000 foyers disposent d'un Eco-Cooler. L'invention est maintenant en place dans des districts et villages tels que Nilphamari, Daulatdia, Paturia, Modonhati et Khaleya.
Depuis peu, de nombreuses innovations ont, comme Eco-Cooler, vu le jour au Bangladesh, avec un souci particulier pour les tranches de la société les moins favorisées.
Ce pays en développement fait face à une foule de défis économiques, sociaux et environnementaux qui nécessitent des solutions qui sortent des sentiers battus. Pour que ces solutions aient un impact majeur, elles doivent être simples, peu chères et efficaces. Eco-Cooler coche toutes ces cases, et c'est sans doute la raison de son immense succès.

 

Retrouvez toute notre édition spéciale Impact Journalism Day, Un monde de solutions, ici

 

 

 

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Merci.

 

M.V.

Aucune invention ! juste une mise à jour avec les matériaux de notre époque , les tours (wind tower) du Qatar , sont un des exemples typiques de ce principe...

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La clim, même sans électricité - Nahela NOWSHIN/The Daily Star - L'Orient-Le Jour

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La clim, même sans électricité

Le Eco-Cooler est une clim qui fonctionne sans électricité, mais avec des bouteilles en plastique. Photo Grey Group

Bangladesh

Quand de simples bouteilles en plastique permettent de rafraîchir tout une pièce.

24/06/2017

Selon les prévisions, le Bangladesh sera le pays d'Asie du Sud le plus affecté par la hausse des températures terrestres. La hausse pourrait atteindre deux degrés en moyenne dans les décennies à venir. Une étude de 2013 de la Banque mondiale désigne le Bangladesh comme une « zone d'impact potentiel sensible », menacée par « une recrudescence d'inondations, un intensification des cyclones, un élévation du niveau de la mer et une hausse des températures ».

Le Bangladesh commence déjà à avoir chaud – littéralement – tandis que le globe se réchauffe. Les ruraux, qui représentent plus de 60 % de la population, sont particulièrement vulnérables à la hausse de la température. Contrairement aux citadins, dont une grande partie vit dans des habitations climatisées, les gens de la campagne n'ont pas cette possibilité.
Grey Dhaka, la filiale bangladaise de l'agence américaine de publicité et marketing Grey, a néanmoins peut-être trouvé une manière d'affronter les chaleurs caniculaires. L'an dernier, l'entreprise a présenté Eco-Cooler, le tout premier climatiseur au monde à marcher sans électricité.
Le fonctionnement de l'Eco-Cooler est désarmant de simplicité.
L'Eco-Cooler requiert des bouteilles en plastique à qui l'on donne une seconde vie. Coupées en deux, elles sont fixées sur une planche ou une grille de la taille d'une fenêtre, le goulot dirigé vers l'intérieur de la pièce. Le panneau se fixe sur le cadre de la fenêtre. Le calcul est le suivant : l'air chaud qui entre dans chaque bouteille est compressé au niveau du goulot, ce qui le rafraîchit avant qu'il n'entre dans la pièce.
Selon la direction du vent et la pression exercée, Eco-Cooler peut réduire la température de cinq degrés, soit autant qu'un climatiseur électrique.

 

Simplicité et rapport qualité-prix
L'homme qui a eu l'idée de recycler des bouteilles pour rafraîchir l'air s'appelle Ashis Paul. La manière dont l'idée lui est venue ne manque pas de sel. Un jour, il entend le professeur particulier de sa fille lui expliquer que l'air refroidit au fur et à mesure de l'expansion du gaz. L'inventeur qui sommeille en lui commence à tourner cette simple loi de physique dans tous les sens jusqu'à ce qu'une idée jaillisse : fabriquer un climatiseur à partir de bouteilles en plastique.
Dans un pays où la majorité de la population vit en milieu rural, où l'accès à l'électricité est restreint, Eco-Cooler tient du miracle. Plus de 70 % des Bangladais vivent dans des maisons en tôle ondulée, un matériau qui amplifie la chaleur du soleil. L'été, l'air peut devenir insupportablement étouffant, avec des températures pouvant atteindre 45 degrés.
C'est là qu'Eco-Cooler entre en jeu. Le procédé a déjà soulagé des milliers de campagnards, attirés instantanément par sa simplicité et son rapport qualité-prix.


Grey a fait équipe avec Grameen Intel Social Business Limited, un partenariat entre l'ONG Grameen et Intel, pour distribuer Eco-Cooler gratuitement dans différentes parties du pays. Grameen s'est présenté comme un choix naturel pour Grey en raison de sa vaste implantation dans les villages, où l'agence a pu envoyer ses équipes et montrer aux habitants comment fabriquer un Eco-Cooler.
Aujourd'hui, plus de 25 000 foyers disposent d'un Eco-Cooler. L'invention est maintenant en place dans des districts et villages tels que Nilphamari, Daulatdia, Paturia, Modonhati et Khaleya.
Depuis peu, de nombreuses innovations ont, comme Eco-Cooler, vu le jour au Bangladesh, avec un souci particulier pour les tranches de la société les moins favorisées.
Ce pays en développement fait face à une foule de défis économiques, sociaux et environnementaux qui nécessitent des solutions qui sortent des sentiers battus. Pour que ces solutions aient un impact majeur, elles doivent être simples, peu chères et efficaces. Eco-Cooler coche toutes ces cases, et c'est sans doute la raison de son immense succès.

 

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