Des manifestants à New York lors de la « Marche pour la vérité », le 3 juin. Bryan R. Smith/AFP
Plusieurs milliers d'Américains se sont rassemblés à travers les États-Unis samedi pour exiger de Donald Trump la « vérité » sur l'affaire des ingérences russes qui empoisonne son début de mandat et qui n'est, selon les manifestants, que le symbole d'une présidence désastreuse. Face à la Maison-Blanche, réunies sur la grande coulée verte qui traverse le cœur de la capitale, entre 2 000 et 3 000 personnes ont scandé des chants hostiles au milliardaire républicain et réclamé la mise sur pied d'une « commission indépendante et transparente » pour enquêter sur une éventuelle collusion entre des responsables russes et l'entourage de Donald Trump durant la campagne présidentielle de 2016.
« Nous voulons aller au fond de cette affaire. Dans des circonstances habituelles, cela aurait valu la destitution » à un président, s'est énervé Leon Chen, un Texan de 32 ans venu participer à l'un des quelque 150 rassemblements sous la bannière de la « Marche pour la vérité » dans tout le pays. La nomination récente d'un procureur spécial, Robert Mueller, pour enquêter sur l'ingérence présumée dans la présidentielle américaine et la possible collusion « est un bon début », estime toutefois le jeune homme, en lâchant d'une main sa pancarte « Destituez Trump » pour réajuster ses lunettes.
Mais le mouvement va bien au-delà de cette affaire. Linda Sarsour, l'une des organisatrices, n'a pas fait de mystère sur ce qui doit être, pour elle, un mouvement frontalement anti-Trump. « Nous demandons la transparence. Le président travaille pour les Américains et non pour une entité étrangère », a lancé l'activiste à la tribune du rassemblement à Washington, le visage cerclé par son hijab. Mais « nous devons être tout aussi indignés et élever nos voix concernant les attaques faites à notre système de santé » ou lorsque Donald Trump « nous retire de l'accord de Paris » sur climat, a-t-elle aussi lancé.
En plus de ces manifestations – qui ont aussi animé Los Angeles, Seattle ou Austin –, moins de 200 partisans de Donald Trump se sont rassemblés devant la Maison-Blanche pour soutenir la sortie de l'accord de Paris, brandissant des pancartes « Pittsburgh, pas Paris » ou « L'Amérique d'abord ».
Les rassemblements se tiennent avant l'audition très attendue le 8 juin au Sénat de l'ancien directeur du FBI James Comey, limogé début mai par le président Trump, qui nie toute intervention contre le FBI autant qu'il dément une collusion avec Moscou. L'ancien premier policier des États-Unis est resté silencieux en public depuis son éviction. Ses déclarations pourraient enfin apporter des éléments concrets au dossier. À moins, comme le craint Savannah Stark, une manifestante à Washington, « qu'une intervention présidentielle n'empêche l'audition ».
Côté russe, le président Vladimir Poutine a assuré hier qu'il connaissait à peine l'ancien conseiller de son homologue américain Donald Trump, Michael Flynn, au cœur de l'affaire de la collusion supposée entre Moscou et l'entourage du président des États-Unis. « Vous et moi, vous et moi personnellement, nous avons une relation plus étroite que celle que j'ai avec M. Flynn », a déclaré M. Poutine à la présentatrice de NBC Megyn Kelly. Le président russe était interrogé sur ses liens avec l'éphémère conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche Michael Flynn, qui avait dû démissionner mi-février après trois semaines de mandat, accusé d'avoir menti sur ses relations avec des responsables russes.
Source : AFP

